samedi 31 juillet 2010

Amis lecteurs,

Mon séjour au Rwanda s'achève. Mes bagages sont emballés et pesés, mon ménage est fait, je n'ai plus qu'à partir vers 15h pour aller dire un dernier au revoir au Bon Pasteur avant de m'enregistrer à l'aéroport vers 17h... Et je m'en vais avec de beaux souvenirs plein la tête.
Rwanda, land of a thousand hills, land of a milion smiles.


Le pays des bananes, et des vélos !


Un pays où l'on creuse à la pelle et la pioche le long des routes à travers tout le pays...


... Pour enterrer des kilomètres de fibre optique.


Un pays où les professeurs de géographie sont des artistes.


Un pays dont je pars ce soir !


Je vous embrasserai  bientôt pour de vrai.
Jeanne

mardi 27 juillet 2010

Amis lecteurs,

Voilà déjà 4 jours que je n'ai pas écrit ici. J'ai pu visiter le musée de Nyanza dimanche, comme je l'avais programmé, avec Valérie. Quelle belle journée, et que d'expériences ! Le matin, nous sommes donc arrivées en "taxi" à Nyanza. Bien sûr, il n'y avait aucune indication pour savoir où était le musée, mais les Rwandais sont très serviables et sympathiques. On nous a dit que c'était très loin, 4 km (les bazungu ont la réputation de ne pas savoir marcher), et nous avons eu beau insister pour qu'on nous montre le chemin, on a fini par nous embarquer toutes les deux (et rien que nous) dans un taxi vide (pour 20 personnes) et nous conduire là-bas.

Nous avons d'abord visité la reconstitution de la hutte où habitait le dernier roi qui a vécu dans ce genre d'habitation (je ne saurais pas vous redire les noms des rois rwandais, je ne suis pas encore assez habituée à la langue d'ici). Cette hutte a été reconstituée à côté du palais royal construit par les Belges au milieu du XX° siècle, où ont vécu les rois suivants (les quelques-uns qui ont régné... Il semblerait qu'il y ait aujourd'hui un prétendu roi du Rwanda quelque part en Amérique, mais c'est le président Kagame qui est effectivement le chef de l'Etat). Une sympathique guide nous a expliqué beaucoup de choses sur ce type d'habitations, et sur la symbolique qui l'accompagne. Dans le palais construit par les Belges, nous avons pu voir des photos d'archives (qui datent de l'arrivée des colons, évidemment) et un bref historique de l'histoire du pays dans les 5 derniers siècles. C'était assez intéressant !

Après cela, nous avons finalement eu droit à notre petite marche de 4 km pour le retour, puisqu'il n'y avait pas de taxis qui passaient par là. Arrivées dans le "centre ville" si l'on peut dire, du moins à la gare de taxis, nous sommes allées dans l'unique restaurant, où les serveuses... Ne parlaient pas anglais. Non non. Ni français. La première répondait "oui" à tout ce qu'on lui disait, la seconde répondait "non"... Désespérant de pouvoir manger un jour, nous avons fini par aller voir par nous-mêmes les plats préparés en cuisine ! (car il n'y avait pas non plus de carte, cela va sans dire). Nous avons finalement eu un très bon repas, pour un prix dérisoire, et nous sommes rentrées à Kigali par le taxi de 14h30 (car le Rwanda est petit, mais les voyages sont longs, surtout quand on n'a pas sa propre voiture)

Lundi matin, j'ai dit adieu à tout le Bon Pasteur : les soeurs québécoises, les rwandaises, et Valérie... Adieux après adieux, je sens que mon départ s'approche ! Aujourd'hui, je suis à Zaza pour la même raison, et je repars d'ici demain matin pour Musha. Là, je ferai mon dernier cours de français aux professeurs de l'école Bethléem, Marie Odette et Constance, qui auront elle aussi des vacances à partir de jeudi.

 Voici la maison de Musha vue depuis la "route"...







... l'église qui lui fait face...


... Et les environs de la colline.




Je vous revois donc bientôt, et en attendant, je vous embrasse !
Jeanne

vendredi 23 juillet 2010

Amis lecteurs,

Il y a bien eu une fête hier à l'école... Et quelle fête ! Les filles du groupe B ont commencé par me dire au revoir à leur tour, comme l'avaient fait celles du groupe A mardi : chants, danses, discours, cadeaux... J'ai eu droit à une autre jolie carte, et à une robe confectionnée ici même !

Robe de l'école de couture Bethléem de Musha...
Rien que ça !


Suivie de la danse du Boogy-woogy
(que je leur avais apprise lors d'un cours)

Puis la fête a continué pour les 12 anniversaires de juillet : 10 filles de l'école (dont une absente), la directrice Sœur Marie Jean Bosco, et une novice, Sœur Marie de la Trinité (demain, justement). À nouveau chants et danses, discours, échanges de cadeaux... Pour certaines, c'était la première fois que leur anniversaire était souhaité. Quoiqu'il en soit, une partie d'entre elles (si ce n'est la majorité) n'avaient pas l'habitude de recevoir des cadeaux !

Nous avons aussi eu des discours en kinyarwanda, et même un sketch, dont je ne saurais vous dire le sujet... Nous avons dansé des danses rwandaises, ainsi que le madison sur des musiques de gospel. Il y a eu des beignets, arachides grillées et boissons pour tout le monde.


Une belle fête !

Et les enfants du village n'étaient pas en reste !

Demain matin, je pars pour le Bon Pasteur, pour mon weekend avec Valérie : nous sortons en ville demain, et dimanche nous allons visiter les anciennes huttes royales à Nyanza. Je rentre lundi matin, pour repartir à Zaza mardi et mercredi (eh oui, le programme change tout le temps).

Je vous embrasse !
Jeanne

mercredi 21 juillet 2010

Amis lecteurs,

Au moment où j'envoyais mon message hier, on vient me chercher : les filles vous attendent impatiemment à Bethléem ! Et c'est vrai qu'on m'avait conviée à passer à 16h pour "dire au revoir" à la classe A (qui a cours les lundi et mardi), et plongée dans internet j'avais complètement oublié l'heure...

En fait d'au revoir, on avait préparé une fête pour moi ! Avec chants et danses des élèves, discours en français (bien que ce soit très difficile pour elles), et... encore des cadeaux !


Les élèves de Bethléem


Je reçois le texte du discours


... Des cadeaux !


D'ailleurs, les élèves de l'école m'ont chargée de transmettre un message. "Chère Jeanne, si vous nous permettez, nous vous demandons de dire aux jeunes de France de notre âge que nous, les jeunes étudiantes de l'école de couture de Bethléem, voudrions être amies avec eux". Si quelqu'un veut correspondre avec des élèves Rwandais, qu'il se manifeste ! Car dans toutes les écoles où je suis passée on m'a fait la même demande...

Une anecdote pour finir : samedi, nous avions eu par un concours de circonstances des quantités astronomiques de papayes le même jour (2 cadeaux + un achat...). Il fallait les manger avant qu'elles ne se perdent, donc hier soir, entre les monodiètes à la papaye le temps d'un repas  (on dit ce fruit très bon pour la santé) et les friandes de dessert, nous avons mangé... Six papayes. À six convives, oui oui.


Orgie de papayes

Je vous embrasse bien fort !
Jeanne

mardi 20 juillet 2010

Amis lecteurs,

Les derniers jours filent à la vitesse de l'éclair ! Et en même temps, fidèle à moi-même, je ne réalise absolument pas que je vais bientôt partir. Je vis ici comme si j'y avais toujours vécu, et que je devais toujours y rester... Enfin, je ne suis pas mécontente de rentrer bientôt. Je sens un appel de plus en plus fort de toutes ces choses qui sont en attente pour le mois d'août, et que je vais devoir faire à mon retour. Et puis je serai très contente de retrouver tout le monde !

Cette semaine, j'ai prévu de rester au calme à Musha. Enfin, au calme... Les filles de l'école de couture font une grande fête jeudi, en l'honneur de leurs vacances qui commencent la semaine prochaine, des 15 (ou quelque chose comme ça) anniversaires qui ont lieu au mois de juillet (dont celui de leur directrice, Sœur Marie Jean Bosco), et pour me dire au revoir.

Je passerai le weekend au Bon Pasteur, pour voir les sœurs et Valérie (puisque Pascale et Josée sont déjà parties) une dernière fois, et leur dire au revoir. Nous allons peut-être faire une petite virée samedi, Valérie et moi... À suivre. Ensuite, dès lundi, je pars avec Sœur Marie Emmanuel pour Zaza, histoire, là aussi, de dire au revoir. Nous rentrerons mardi, et il sera temps de commencer à boucler les valises pour m'envoler le samedi 31 juillet.

Tout va bien pour moi, donc, à part quelques soucis de santé liés au Lariam, le médicament contre la malaria (ou paludisme). Tout le monde me disait que c'était un médicament très fort, avec des effets secondaires très désagréables, et je me disais au-dedans de moi que je suis plus forte que ça, que les effets secondaires on les a quand on y croit. Mais force m'a été de constater la grande fatigue qui m'a prise au bout d'un mois de traitement environ, suivie de divers inconvénients (malaises, vertiges, nausées) que je n'ai pas tout de suite liés au médicament. Hier, lors de ma 12° prise (c'est un traitement hebdomadaire), j'ai ressenti des maux de ventre et de tête plus forts qu'auparavant, je suis alors allée lire la liste des effets secondaires du Lariam... Et je pense qu'il ne faut pas aller chercher plus loin la cause de mes problèmes de santé. Ils disent qu'il ne faut pas prolonger le traitement au-delà de 3 mois, j'ai commencé le 3 mai... Pour moi, 2 mois et demi c'est déjà trop. J'aurais bien continué jusqu'au bout, pour la science et par curiosité, mais lors des deux dernières semaines j'ai senti une dégradation plus rapide, et je tiens à être en forme début août pour mon pèlerinage à Lourdes (je ne vais pas aller faire un malaise en poussant un fauteuil roulant sous le cagnard !)

La semaine prochaine, j'espère donc que j'irai mieux, et d'ici là je me repose (ça tombe bien !). Enfin, ne vous inquiétez pas : la douleur est très supportable, je suis encore loin d'être à l'article de la mort.

Sur ces paroles joyeuses, je vous embrasse, et me réjouis de le faire bientôt pour de vrai !
Jeanne

samedi 17 juillet 2010

Amis lecteurs,

Je sens que là-bas, en France, c'est les vacances : j'ai moins de retours sur ce que j'écris ! Mais j'écris quand même, car je sais que maman imprime tous mes mots et que je serai contente moi-même de pouvoir les relire plus tard.

Pour l'heure, je viens de rentrer de Kabuga, et on a fait une petite fête hier soir très sympathique, à nous cinq : chants et danses des deux aspirantes Rwandaises, qui elles aussi rentrent chez elles aujourd'hui (car elles ne sont encore qu'aspirantes, donc pas encore entrées chez les sœurs), discussions et mousse au chocolat. Et j'ai encore reçu des tas de cadeaux ! Un livre et un film sur Kibeho, les seules apparitions de la Vierge Marie reconnues en Afrique (et c'est une ville rwandaise !), ainsi qu'un bougeoir et une belle peinture sur tissus. Je suis priée d'accrocher celle-ci dans mon bureau, et de mettre une bougie sur celui-là. Quand j'allumerai la bougie, ce sera comme si Béata et Jacqueline étaient auprès de moi, m'a-t-on dit !
Je n'ai pas grand-chose à ajouter, alors place aux photos.




Voici la chambre dans laquelle j'ai passé cette semaine
(Gédéon veillait sur moi)



La maison des sœurs au soleil de 7h



Le chantier du podium du congrès du mois d'octobre



La grande chapelle de Jésus Miséricordieux, construite aussi pour l'occasion
(si j'ai bien compris)



Les cadeaux que j'ai reçus !

Et je vous embrasse bien fort
Jeanne

jeudi 15 juillet 2010

Amis lecteurs,

Je prends le temps aujourd'hui de vous écrire plus longuement. Hier, j'ai fêté le 14 juillet en trinquant avec Soeur Marie Emmanuel devant une assiette de Petit Beurre© (toute publicité est totalement fortuite...). En effet, elle vient régulièrement à Kabuga où une chorale répète tous les mercredis pour un grand Congrès de la Miséricorde Divine qui aura lieu en octobre prochain. Ce mouvement a été lancé en avril 2008, trois ans après la mort de Jean Paul II, qui mettait cette Miséricorde au centre de son pontificat : ainsi a eu lieu le premier congrès de la Miséricorde Divine à Rome, et celui de Kabuga est dans sa continuité. On peut aisément imaginer que le lieu n'a pas été choisi par hasard, pour ce congrès dont le thème sera "La Miséricorde Divine comme antidote au mal qui ravage notre monde".

Une grande chorale est donc mise en place pour l'événement, et Sœur Marie Emmanuel a été chargée d'apprendre aux Rwandais d'ici à chanter en chorale... Ce qui n'est pas une mince affaire ! D'autant qu'elle a choisi les chants avec ambition (chants de Taizé qu'elle a traduits en kinyarwanda, Alléluia de Mawby qu'on chante à la Cathédrale du Mans lors des ordinations...). Les choristes comme les organisateurs travaillent dur, mais je suis sûre que les efforts de tous seront récompensés. Et ce sera grandiose ! Les travaux pour construire un podium pour les messes d'ouverture et de clôture en témoignent. Ce podium sera la dernière station d'un grand chemin de croix qui va être construit là, et une chapelle de Jésus Miséricordieux a déjà été bâtie, comme station de la Résurrection.

À part ça, la vie continue entre les cours aux aspirantes et les conversations avec Sœur Helena, qui veut améliorer son français. La cuisinière, Alphonsine, nous fait des repas succulents : lasagnes aux aubergines, crêpes au fromage blanc vanillé... Laissez-moi vous dire que je ne me laisse pas mourir de faim ! D'ailleurs, pour demain vendredi on m'a commandé une mousse au chocolat, sur les conseils de Sœur Marie Emmanuel. Je vous avais dit, je crois, que j'en avais fait une à Zaza pour la fête de Sœur Marie Jean Baptiste. Les sœurs de Musha ont voulu en profiter aussi, et j'en avais refait pour accueillir les québécoises début juillet. Et maintenant, une troisième. Je n'aurai jamais tant mangé de mousse au chocolat qu'au Rwanda, n'est-ce pas inattendu ?

Ici encore, je suis très bien accueillie et installée. La maison est très grande et imposante, et dans ma chambre j'ai un grand bureau avec des étagères, ainsi qu'une salle de bain particulière. Il y a aussi un superbe parc autour de la maison, je vous montrerai quelques photos quand j'en aurai l'occasion.

Pour l'heure, je vous embrasse et vous dit à très bientôt, car je commence déjà à compter les jours avant mon retour ! (bien que je n'aie aucune envie de l'avancer, vu tout ce qu'il me reste à faire encore avant le départ).

Jeanne