samedi 31 juillet 2010

Amis lecteurs,

Mon séjour au Rwanda s'achève. Mes bagages sont emballés et pesés, mon ménage est fait, je n'ai plus qu'à partir vers 15h pour aller dire un dernier au revoir au Bon Pasteur avant de m'enregistrer à l'aéroport vers 17h... Et je m'en vais avec de beaux souvenirs plein la tête.
Rwanda, land of a thousand hills, land of a milion smiles.


Le pays des bananes, et des vélos !


Un pays où l'on creuse à la pelle et la pioche le long des routes à travers tout le pays...


... Pour enterrer des kilomètres de fibre optique.


Un pays où les professeurs de géographie sont des artistes.


Un pays dont je pars ce soir !


Je vous embrasserai  bientôt pour de vrai.
Jeanne

mardi 27 juillet 2010

Amis lecteurs,

Voilà déjà 4 jours que je n'ai pas écrit ici. J'ai pu visiter le musée de Nyanza dimanche, comme je l'avais programmé, avec Valérie. Quelle belle journée, et que d'expériences ! Le matin, nous sommes donc arrivées en "taxi" à Nyanza. Bien sûr, il n'y avait aucune indication pour savoir où était le musée, mais les Rwandais sont très serviables et sympathiques. On nous a dit que c'était très loin, 4 km (les bazungu ont la réputation de ne pas savoir marcher), et nous avons eu beau insister pour qu'on nous montre le chemin, on a fini par nous embarquer toutes les deux (et rien que nous) dans un taxi vide (pour 20 personnes) et nous conduire là-bas.

Nous avons d'abord visité la reconstitution de la hutte où habitait le dernier roi qui a vécu dans ce genre d'habitation (je ne saurais pas vous redire les noms des rois rwandais, je ne suis pas encore assez habituée à la langue d'ici). Cette hutte a été reconstituée à côté du palais royal construit par les Belges au milieu du XX° siècle, où ont vécu les rois suivants (les quelques-uns qui ont régné... Il semblerait qu'il y ait aujourd'hui un prétendu roi du Rwanda quelque part en Amérique, mais c'est le président Kagame qui est effectivement le chef de l'Etat). Une sympathique guide nous a expliqué beaucoup de choses sur ce type d'habitations, et sur la symbolique qui l'accompagne. Dans le palais construit par les Belges, nous avons pu voir des photos d'archives (qui datent de l'arrivée des colons, évidemment) et un bref historique de l'histoire du pays dans les 5 derniers siècles. C'était assez intéressant !

Après cela, nous avons finalement eu droit à notre petite marche de 4 km pour le retour, puisqu'il n'y avait pas de taxis qui passaient par là. Arrivées dans le "centre ville" si l'on peut dire, du moins à la gare de taxis, nous sommes allées dans l'unique restaurant, où les serveuses... Ne parlaient pas anglais. Non non. Ni français. La première répondait "oui" à tout ce qu'on lui disait, la seconde répondait "non"... Désespérant de pouvoir manger un jour, nous avons fini par aller voir par nous-mêmes les plats préparés en cuisine ! (car il n'y avait pas non plus de carte, cela va sans dire). Nous avons finalement eu un très bon repas, pour un prix dérisoire, et nous sommes rentrées à Kigali par le taxi de 14h30 (car le Rwanda est petit, mais les voyages sont longs, surtout quand on n'a pas sa propre voiture)

Lundi matin, j'ai dit adieu à tout le Bon Pasteur : les soeurs québécoises, les rwandaises, et Valérie... Adieux après adieux, je sens que mon départ s'approche ! Aujourd'hui, je suis à Zaza pour la même raison, et je repars d'ici demain matin pour Musha. Là, je ferai mon dernier cours de français aux professeurs de l'école Bethléem, Marie Odette et Constance, qui auront elle aussi des vacances à partir de jeudi.

 Voici la maison de Musha vue depuis la "route"...







... l'église qui lui fait face...


... Et les environs de la colline.




Je vous revois donc bientôt, et en attendant, je vous embrasse !
Jeanne

vendredi 23 juillet 2010

Amis lecteurs,

Il y a bien eu une fête hier à l'école... Et quelle fête ! Les filles du groupe B ont commencé par me dire au revoir à leur tour, comme l'avaient fait celles du groupe A mardi : chants, danses, discours, cadeaux... J'ai eu droit à une autre jolie carte, et à une robe confectionnée ici même !

Robe de l'école de couture Bethléem de Musha...
Rien que ça !


Suivie de la danse du Boogy-woogy
(que je leur avais apprise lors d'un cours)

Puis la fête a continué pour les 12 anniversaires de juillet : 10 filles de l'école (dont une absente), la directrice Sœur Marie Jean Bosco, et une novice, Sœur Marie de la Trinité (demain, justement). À nouveau chants et danses, discours, échanges de cadeaux... Pour certaines, c'était la première fois que leur anniversaire était souhaité. Quoiqu'il en soit, une partie d'entre elles (si ce n'est la majorité) n'avaient pas l'habitude de recevoir des cadeaux !

Nous avons aussi eu des discours en kinyarwanda, et même un sketch, dont je ne saurais vous dire le sujet... Nous avons dansé des danses rwandaises, ainsi que le madison sur des musiques de gospel. Il y a eu des beignets, arachides grillées et boissons pour tout le monde.


Une belle fête !

Et les enfants du village n'étaient pas en reste !

Demain matin, je pars pour le Bon Pasteur, pour mon weekend avec Valérie : nous sortons en ville demain, et dimanche nous allons visiter les anciennes huttes royales à Nyanza. Je rentre lundi matin, pour repartir à Zaza mardi et mercredi (eh oui, le programme change tout le temps).

Je vous embrasse !
Jeanne

mercredi 21 juillet 2010

Amis lecteurs,

Au moment où j'envoyais mon message hier, on vient me chercher : les filles vous attendent impatiemment à Bethléem ! Et c'est vrai qu'on m'avait conviée à passer à 16h pour "dire au revoir" à la classe A (qui a cours les lundi et mardi), et plongée dans internet j'avais complètement oublié l'heure...

En fait d'au revoir, on avait préparé une fête pour moi ! Avec chants et danses des élèves, discours en français (bien que ce soit très difficile pour elles), et... encore des cadeaux !


Les élèves de Bethléem


Je reçois le texte du discours


... Des cadeaux !


D'ailleurs, les élèves de l'école m'ont chargée de transmettre un message. "Chère Jeanne, si vous nous permettez, nous vous demandons de dire aux jeunes de France de notre âge que nous, les jeunes étudiantes de l'école de couture de Bethléem, voudrions être amies avec eux". Si quelqu'un veut correspondre avec des élèves Rwandais, qu'il se manifeste ! Car dans toutes les écoles où je suis passée on m'a fait la même demande...

Une anecdote pour finir : samedi, nous avions eu par un concours de circonstances des quantités astronomiques de papayes le même jour (2 cadeaux + un achat...). Il fallait les manger avant qu'elles ne se perdent, donc hier soir, entre les monodiètes à la papaye le temps d'un repas  (on dit ce fruit très bon pour la santé) et les friandes de dessert, nous avons mangé... Six papayes. À six convives, oui oui.


Orgie de papayes

Je vous embrasse bien fort !
Jeanne

mardi 20 juillet 2010

Amis lecteurs,

Les derniers jours filent à la vitesse de l'éclair ! Et en même temps, fidèle à moi-même, je ne réalise absolument pas que je vais bientôt partir. Je vis ici comme si j'y avais toujours vécu, et que je devais toujours y rester... Enfin, je ne suis pas mécontente de rentrer bientôt. Je sens un appel de plus en plus fort de toutes ces choses qui sont en attente pour le mois d'août, et que je vais devoir faire à mon retour. Et puis je serai très contente de retrouver tout le monde !

Cette semaine, j'ai prévu de rester au calme à Musha. Enfin, au calme... Les filles de l'école de couture font une grande fête jeudi, en l'honneur de leurs vacances qui commencent la semaine prochaine, des 15 (ou quelque chose comme ça) anniversaires qui ont lieu au mois de juillet (dont celui de leur directrice, Sœur Marie Jean Bosco), et pour me dire au revoir.

Je passerai le weekend au Bon Pasteur, pour voir les sœurs et Valérie (puisque Pascale et Josée sont déjà parties) une dernière fois, et leur dire au revoir. Nous allons peut-être faire une petite virée samedi, Valérie et moi... À suivre. Ensuite, dès lundi, je pars avec Sœur Marie Emmanuel pour Zaza, histoire, là aussi, de dire au revoir. Nous rentrerons mardi, et il sera temps de commencer à boucler les valises pour m'envoler le samedi 31 juillet.

Tout va bien pour moi, donc, à part quelques soucis de santé liés au Lariam, le médicament contre la malaria (ou paludisme). Tout le monde me disait que c'était un médicament très fort, avec des effets secondaires très désagréables, et je me disais au-dedans de moi que je suis plus forte que ça, que les effets secondaires on les a quand on y croit. Mais force m'a été de constater la grande fatigue qui m'a prise au bout d'un mois de traitement environ, suivie de divers inconvénients (malaises, vertiges, nausées) que je n'ai pas tout de suite liés au médicament. Hier, lors de ma 12° prise (c'est un traitement hebdomadaire), j'ai ressenti des maux de ventre et de tête plus forts qu'auparavant, je suis alors allée lire la liste des effets secondaires du Lariam... Et je pense qu'il ne faut pas aller chercher plus loin la cause de mes problèmes de santé. Ils disent qu'il ne faut pas prolonger le traitement au-delà de 3 mois, j'ai commencé le 3 mai... Pour moi, 2 mois et demi c'est déjà trop. J'aurais bien continué jusqu'au bout, pour la science et par curiosité, mais lors des deux dernières semaines j'ai senti une dégradation plus rapide, et je tiens à être en forme début août pour mon pèlerinage à Lourdes (je ne vais pas aller faire un malaise en poussant un fauteuil roulant sous le cagnard !)

La semaine prochaine, j'espère donc que j'irai mieux, et d'ici là je me repose (ça tombe bien !). Enfin, ne vous inquiétez pas : la douleur est très supportable, je suis encore loin d'être à l'article de la mort.

Sur ces paroles joyeuses, je vous embrasse, et me réjouis de le faire bientôt pour de vrai !
Jeanne

samedi 17 juillet 2010

Amis lecteurs,

Je sens que là-bas, en France, c'est les vacances : j'ai moins de retours sur ce que j'écris ! Mais j'écris quand même, car je sais que maman imprime tous mes mots et que je serai contente moi-même de pouvoir les relire plus tard.

Pour l'heure, je viens de rentrer de Kabuga, et on a fait une petite fête hier soir très sympathique, à nous cinq : chants et danses des deux aspirantes Rwandaises, qui elles aussi rentrent chez elles aujourd'hui (car elles ne sont encore qu'aspirantes, donc pas encore entrées chez les sœurs), discussions et mousse au chocolat. Et j'ai encore reçu des tas de cadeaux ! Un livre et un film sur Kibeho, les seules apparitions de la Vierge Marie reconnues en Afrique (et c'est une ville rwandaise !), ainsi qu'un bougeoir et une belle peinture sur tissus. Je suis priée d'accrocher celle-ci dans mon bureau, et de mettre une bougie sur celui-là. Quand j'allumerai la bougie, ce sera comme si Béata et Jacqueline étaient auprès de moi, m'a-t-on dit !
Je n'ai pas grand-chose à ajouter, alors place aux photos.




Voici la chambre dans laquelle j'ai passé cette semaine
(Gédéon veillait sur moi)



La maison des sœurs au soleil de 7h



Le chantier du podium du congrès du mois d'octobre



La grande chapelle de Jésus Miséricordieux, construite aussi pour l'occasion
(si j'ai bien compris)



Les cadeaux que j'ai reçus !

Et je vous embrasse bien fort
Jeanne

jeudi 15 juillet 2010

Amis lecteurs,

Je prends le temps aujourd'hui de vous écrire plus longuement. Hier, j'ai fêté le 14 juillet en trinquant avec Soeur Marie Emmanuel devant une assiette de Petit Beurre© (toute publicité est totalement fortuite...). En effet, elle vient régulièrement à Kabuga où une chorale répète tous les mercredis pour un grand Congrès de la Miséricorde Divine qui aura lieu en octobre prochain. Ce mouvement a été lancé en avril 2008, trois ans après la mort de Jean Paul II, qui mettait cette Miséricorde au centre de son pontificat : ainsi a eu lieu le premier congrès de la Miséricorde Divine à Rome, et celui de Kabuga est dans sa continuité. On peut aisément imaginer que le lieu n'a pas été choisi par hasard, pour ce congrès dont le thème sera "La Miséricorde Divine comme antidote au mal qui ravage notre monde".

Une grande chorale est donc mise en place pour l'événement, et Sœur Marie Emmanuel a été chargée d'apprendre aux Rwandais d'ici à chanter en chorale... Ce qui n'est pas une mince affaire ! D'autant qu'elle a choisi les chants avec ambition (chants de Taizé qu'elle a traduits en kinyarwanda, Alléluia de Mawby qu'on chante à la Cathédrale du Mans lors des ordinations...). Les choristes comme les organisateurs travaillent dur, mais je suis sûre que les efforts de tous seront récompensés. Et ce sera grandiose ! Les travaux pour construire un podium pour les messes d'ouverture et de clôture en témoignent. Ce podium sera la dernière station d'un grand chemin de croix qui va être construit là, et une chapelle de Jésus Miséricordieux a déjà été bâtie, comme station de la Résurrection.

À part ça, la vie continue entre les cours aux aspirantes et les conversations avec Sœur Helena, qui veut améliorer son français. La cuisinière, Alphonsine, nous fait des repas succulents : lasagnes aux aubergines, crêpes au fromage blanc vanillé... Laissez-moi vous dire que je ne me laisse pas mourir de faim ! D'ailleurs, pour demain vendredi on m'a commandé une mousse au chocolat, sur les conseils de Sœur Marie Emmanuel. Je vous avais dit, je crois, que j'en avais fait une à Zaza pour la fête de Sœur Marie Jean Baptiste. Les sœurs de Musha ont voulu en profiter aussi, et j'en avais refait pour accueillir les québécoises début juillet. Et maintenant, une troisième. Je n'aurai jamais tant mangé de mousse au chocolat qu'au Rwanda, n'est-ce pas inattendu ?

Ici encore, je suis très bien accueillie et installée. La maison est très grande et imposante, et dans ma chambre j'ai un grand bureau avec des étagères, ainsi qu'une salle de bain particulière. Il y a aussi un superbe parc autour de la maison, je vous montrerai quelques photos quand j'en aurai l'occasion.

Pour l'heure, je vous embrasse et vous dit à très bientôt, car je commence déjà à compter les jours avant mon retour ! (bien que je n'aie aucune envie de l'avancer, vu tout ce qu'il me reste à faire encore avant le départ).

Jeanne

mardi 13 juillet 2010

Amis lecteurs,

Un message rapide pour vous annoncer que je suis bien à Kabuga comme prévu, chez les Sœurs des Anges polonaises, et que tout se passe bien. Il y a finalement internet ici (quand l'électricité n'est pas coupée), mais j'ai très peu de temps à moi : je donne cours de français à deux aspirantes rwandaises de 8h30 à 10h, de 10h30 à midi et de 15h à 16h30 (car la sieste est indispensable), puis à une sœur polonaise de 17h à 18h. Au moins, je suis occupée !

Les deux sœurs polonaises s'appellent Sœur Maria et Sœur Lena ou Helena, je n'ai pas bien compris. Cette dernière est dentiste, et un allemand a offert il y a quelques temps un cabinet dentaire aux sœurs ! Et les deux aspirantes sont Beata et Jacqueline. Il est d'ailleurs temps que j'aille les rejoindre !

Avant de m'enfuir je voudrais répondre à Hélène : en effet, les Rwandais en général n'aiment pas les chats ni les chiens (ils en ont parfois peur même si ce n'est pas le cas de tous), mais c'est chez des sœurs canadiennes que j'ai pris la photo !

Je vous embrasse
Jeanne

jeudi 8 juillet 2010

Amis lecteurs,

Comme prévu, les quelques jours de calme à Musha n'ont pas duré. Samedi, nous avons reçu à déjeuner Pascale, Josée et Valérie, les trois volontaires du Bon Pasteur, ainsi que Soeur Hélène. J'ai assisté à la rencontre de cette dernière avec Soeur Marie Emmanuel : elles avaient communiqué par internet pendant une année pour la thèse de Soeur Hélène, de la congrégation des filles de la Sagesse, en liturgie francophone. Elles ont été mises en lien par une cousine de Soeur Marie Emmanuel qui était dans la même congrégation que Soeur Hélène au Québec. Elles ont donc communiqué de l'Europe à l'Amérique sans jamais se voir, et c'est... En Afrique, au Rwanda, qu'elles ont pu se rencontrer ! Car Soeur Hélène a été parmi les observateurs internationaux invités à surveiller les élections au Burundi la semaine dernière. Apprenant qu'elle ferait une escale à Kigali au retour, elle a demandé à rester 5 jours au Rwanda plutôt que de rentrer tout de suite au Canada, car elle connaît les soeurs du Bon Pasteur et voulait leur rendre visite. Et c'est ainsi, par un concours de circonstances, qu'elle et Soeur Marie Emmanuel ont pu se retrouver... Le monde est petit !

Bref, la journée fut bonne, et le soir c'est à notre tour d'être allées à Kigali, pour chercher Soeur Marie Immaculata à l'aéroport. La pauvre est arrivée... Sans ses bagages ! Il y a eu une erreur d'aiguillage lors du changement d'avion à Bruxelles, et les bagages de tous ceux qui venaient de Paris ont été envoyés dans la nature. Je suppose qu'à l'heure qu'il est, elle a dû récupérer ses valises, du moins je l'espère. Car je ne suis plus à Musha depuis dimanche.

En effet, Josée avait prévu de faire visiter un peu du Rwanda à Soeur Hélène, et il y avait au programme de lundi une visite à Butare (aujourd'hui Huye, mais le changement de nom s'est fait sur les cartes, pas encore dans les esprits), l'ancienne capitale royale, et la ville universitaire et intellectuelle du Rwanda, où il y a un beau musée. Pascale et Valérie étaient aussi du voyage, et on m'a invitée à m'y joindre, c'est pourquoi je suis retournée au Bon Pasteur dimanche après-midi en taxi (et j'en repars ce soir). Evidemment, avec la chance qui me caractérise, depuis que je suis ici il y a une panne d'internet... L'un des trois serveurs principaux de l'Afrique est hors service, celui sur lequel se connecte Rwandatel, le FAI des soeurs du Bon Pasteur. D'où l'absence de nouvelles depuis presque une semaine. J'envoie ce message depuis l'aéroport, où il y a encore une connexion satellite, car même dans les cafés de la ville internet ne marche pas.

Lundi donc, nous... Ne sommes pas parties à Butare. La veille, 4 juillet, c'était la fête de la Libération (à ne pas confondre avec l'Indépendance, le 1° juillet !). Mais comme c'était un dimanche, le congé a été reporté au lundi, et nous avons appris peu avant de partir que sans doute le musée serait fermé. Nous n'avons donc pas voulu faire le voyage qui avait perdu de son intérêt, et nous y sommes allées mardi. Visite du musée le matin, puis restaurant, et achats divers l'après-midi dans une boutique d'artisanat. Pour rentrer c'était encore autre chose, toutes les routes étaient bloquées dans Kigali à cause de duex accidents à deux endroits différents et nous avons mis une heure trente à traverser la ville (au lieu de 15 minutes, voire 30 quand il y a vraiment de la circulation). Ce fut malgré tout une belle journée !

Demain, Pascale s'en retourne au Québec, et ce soir je retourne à Musha. Dimanche, une soeur polonaise de Kabuga vient me chercher, pour que je passe une semaine chez les soeurs des Anges, à donner des cours de français. Je ne sais pas si j'aurai internet là-bas, rien n'est moins sûr ! Donc il est possible que je ne donne pas de nouvelles de sitôt.

En attendant, savez-vous...


 
... comment pousse un Ananas ?




... à quoi ressemble une fleur de Bananier ?




... combien les Chatons rwandais sont plus petits que ceux de chez nous ?
(celui-ci a bien un mois)


Je vous embrasse,
Jeanne

vendredi 2 juillet 2010

Amis lecteurs,

La vie à Musha se déroule comme un petit ruisseau tranquille, mais ça ne va sans doute pas durer.  Tout d'abord, deux des sœurs Rwandaises qui vivent en France reviennent en vacances cet été, je crois que je vous en ai déjà parlé. Demain, Sœur Marie Goretti revient parmi nous (depuis son arrivée mardi, elle est dans sa famille), et une autre sœur, Marie Immaculata, arrive du Mans. Peut-être aurons-nous aussi des visites en provenance du Bon Pasteur (ce n'est pas encore fixé). Mercredi et jeudi prochains, je retourne à Umushumba Mwiza, juste avant le départ de Pascale. Le programme n'est pas encore défini, mais enfin nous allons trouver des activités à faire ensemble.

Et puis le dimanche 11, une sœur polonaise vient me chercher pour m'emmener à Kabuga, où je vais passer la semaine à donner des cours de français aux sœurs de cette congrégation. Je ne sais pas encore ce que ça va donner, c'est un peu l'inconnu... J'aime l'inconnu ! Et à mon retour, il faudra que je rende une dernière visite à Zaza, ainsi qu'au Bon Pasteur, et le jour du départ va commencer à se profiler... Plus qu'un mois, le temps passe vite !

Hier, c'était la fête de l'indépendance du Rwanda. Nous l'avons fêtée comme il se doit avec un repas de fête !

Et puis Sœur Marie Jean Bosco m'a trouvé une nouvelle occupation : broder au point de croix des petits mots qu'elle va mettre sur des cartes qu'elle vend afin de gagner un peu d'argent pour payer la scolarité des élèves qui n'en ont pas les moyens. Je m'amuse beaucoup à faire ça !

Je vous embrasse
Jeanne

mardi 29 juin 2010

Amis lecteurs,

La vie continue à Musha depuis que je suis revenue. Je donne des cours de français à tout le monde : aux enseignantes de l'école, toujours à Sœur Thérèse-Marie, et aux élèves de l'école... Et voici ce que ça donne quand je les fais danser le boogy-woogy :



Aujourd'hui, je suis au Bon Pasteur pour la journée. Une nouvelle volontaire est arrivée : Valérie, pour remplacer Pascale qui va partir le 9 juillet. C'est une Française vivant au Québec depuis déjà 11 ans. Nous avons déjà commencé à faire connaissance, et elle m'a déjà demandé si je comptais revenir quand Pascale et Josée seront parties, en juillet. C'est que ça commence à faire du monde que je suis sommée de contacter si un jour je mets les pieds au Québec !

Quoiqu'il en soit, tout va bien pour moi. C'était juste une courte lettre pour vous faire un petit coucou et vous transmettre mes amitiés et mes prières. Je suis désolée que certaines photos soient mal passées, je vais essayer de les charger à nouveau.

En bonus :


Ici, on n'a pas de chiens ni de chats, mais on a des chèvres... Plus utile.

Je vous embrasse,
Jeanne

dimanche 27 juin 2010

Amis lecteurs,

Je voudrais répondre avant tout à un commentaire du message précédent : non, pour le mariage je n'étais pas "couleur locale" du tout. Bon, déjà, je suis Umuzungu jusqu'au bout des ongles, et je l'ai ressenti plus que jamais pendant cette semaine passée seule au milieu des Africains : je ne m'étais jamais, jamais de ma vie sentie aussi blanche ! C'est une expérience assez intéressante. Je ne pensais pas qu'on pouvait se "sentir" blanche comme ça ! Mais surtout, la robe que je portais est congolaise. Pas du tout, du tout rwandaise. Il n'y a qu'un européen pour penser que j'étais dans le ton ! Mais enfin, ce n'est pas grave, ici je suis Umuzungu, je peux donc m'habiller comme je veux : quoi qu'il arrive, on m'observera ! Sur la troisième photo ci-dessous, mon habillement est déjà beaucoup plus "couleur locale". Enfin passons.

J'ai donc passé une semaine...


Parmi les enfants de l'école primaire Zaza B
 


Comme enseignante d'anglais


... Habillée parfois en africaine (pagne offert par les sœurs de Musha pour ma fête)

Et ce fut une semaine exaltante ! Mais loin d'être de tout repos. Heureusement, les professeurs d'anglais de l'école, Olivier Christian et Nelly Neige, ont été très sympathiques et très accueillants. Surtout Nelly Neige, une toute jeune enseignante qui va entrer à l'université de pédagogie l'année prochaine grâce à une bourse qu'elle a obtenue. Elle était toute triste de me voir partir déjà...

J'ai un peu retrouvé toutes ces vieilles angoisses de la préparation des cours, jeudi après-midi, car vendredi je devais avoir tous les 6° années pendant quatre "heures" de cours (qui durent 40 minutes). Mais finalement, je n'ai fait que la partie intéressante de ce que j'avais préparé, et pas celle qui ne me plaisait pas du tout. Je leur ai raconté ce petit conte que certains connaissent, à propos d'un roi qui a perdu sa couronne, avec une cocotte en papier qui d'une façon un peu magique représente tous les personnages l'un après l'autre... Dans un anglais sans doute pas très règlementaire, mais enfin. Je m'aidais de dessins au tableau pour leur faire comprendre, et surtout, Olivier Christian traduisait. Et puis les élèves ont dansé, chanté pour moi, pour me dire adieu ! Enfin j'essayerai de revenir à Zaza quelques jours, avant mon départ pour la France.

Et samedi matin, je suis revenue à Musha en taxi. J'ai été accueillie très chaleureusement, comme je m'y attendais d'ailleurs, avec un superbe gâteau aux ananas. Et déjà beaucoup de choses se profilent pour remplir le mois de juillet... Tout d'abord, les sœurs Rwandaises de l'Enfant Jésus qui sont en France rentrent au pays tous les trois ans, il y a donc tous les étés quelques sœurs qui viennent ici passer deux mois. Il y en a deux qui ont droit à ces vacances cette année, l'une arrive mardi et l'autre samedi. Et puis j'ai encore des choses à faire avec Josée et Pascale, avant leurs départs respectifs les 6 et 9 juillet ! Et après cela... Après cela, encore beaucoup de choses sont possibles, mais chaque chose en son temps.

Pour l'instant, je souhaite de bonnes vacances à ceux dont les vacances arrivent, un bon courage aux autres, et bonne chance à tous ceux qui attendent des résultats ! N'hésitez pas à me mettre au courant des bonnes nouvelles d'admissions ! - Ainsi que des moins bonnes s'il y en a...

Je vous embrasse
Jeanne

mercredi 23 juin 2010

Amis lecteurs,

Avant de vous raconter comment se passe ma semaine à Zaza, quelques photos de ce weekend :


Les quatre couples dans l'église



Le "taxi" qui nous a emmenés



J'ai même eu droit à ma photo avec les mariés !



La réception, avec le ruban à couper



Le repas du mariage


Et le weekend s'est continué avec une visite chez la maman de Sœur Thérèse Marie, le dimanche. Nous avons été reçues comme des reines, les sœurs et moi : on nous a servi des arachides grillées, des bananes légumes et de biscuits, ainsi que de la boisson. Il y avait du lait caillé, et bien sûr des "fanta". Nous avons été reçues dans une maison en torchis aux murs blanchis à la chaux, et au toit de tôle, comme cela se fait beaucoup ici. La maison avait l'air de comporter trois pièces, et nous avons sans doute été reçues dans la plus grande : deux mètres sur trois environ, avec une porte et une fenêtre ouvertes sur l'extérieur pour avoir de la lumière.

Sur le sol en terre battu étaient étendues des nattes, et on a apporté une table d'une maison voisine pour ajouter à la table qu'il y avait déjà. Les soeurs et moi avons pu nous asseoir sur deux petits bancs, et les autres convives (famille, amis, je ne sais pas trop) se sont assis au sol (sur les nattes). Le tout dans une ambiance très conviviales et très chaleureuse. Mais aussi très pieuse : prière pour rendre grâce d'être ensemble, prière pour remercier d'avoir de quoi manger, prière pour demander à être bientôt réunis à nouveau (il faut dire que c'est rare qu'une novice puisse sortir de la communauté pour visiter sa famille), prière avant de se quitter...

La maison de Sœur Thérèse Marie étant proche de celle d'Agathe, nous avons fait pas mal de marche dans le weekend. Les gens étaient tout étonnés, convaincus qu'ils sont que les "abazungu" (pluriel d'umuzungu) ne savent pas marcher. Et après toutes ces réjouissances, lundi ont commencé les choses sérieuses !

En effet, je suis allée à l'école primaire de Zaza B lundi matin avec Sœur Marie Thérésa (la mère supérieure de la communauté de Zaza, si vous suivez ; pas Sœur Thérèse Marie la novice, qui était déjà repartie pour Musha). On y attendait ma venue. Après quelques discussions et malentendus, il a été convenu que je donnerais des cours d'anglais aux 4°, 5° et 6° année primaire (ici, on compte à l'endroit, et pas à l'envers comme en France : la 6° année primaire est l'année la plus élevée, après laquelle il y a un examen qui peut permettre d'entrer en secondaire si on en a les moyens - financiers, intellectuels, culturels...). Ils ont donc mis en place un emploi du temps, après m'avoir demandé mes disponibilités. Ils m'auraient bien employée toute la journée et toute la semaine s'ils avaient pu, et même plusieurs semaines ! Mais il a fallu mettre des limites.

C'est ainsi que de mardi à vendredi, je donne des cours d'anglais à 2 classes de 6° année, 3 classes de 5° année et 2 classes de 4° année, selon un emploi du temps très chargé : par tranches de 40 minutes, de 8h à 11h40, avec une pause de 20 minutes à 9h20. Et il est très agréable de voir comment les Rwandais savent profiter à fond des opportunités qui leurs sont offertes ! Sur ce plan là, ils sont bien supérieurs aux Français, qui auraient mis un temps fou à organiser une chose pareille plusieurs semaines à l'avance... Sans compter que les professeurs auraient laissé leur classe à regrets entre les mains d'une inconnue ! La confiance qu'on m'accorde est grande, et les réserves de comptines en anglais que j'ai pu récolter pendant mes stages dans des classes françaises me sont très utiles.

Et ce n'est pas tout : l'après-midi, je donne quelques cours d'anglais à l'école de couture Nazareth, ainsi que des cours de français à la postulante Chantal, et des cours d'informatique à Sœur Marie Thérésa : internet est arrivé à la communauté il y a à peine un mois, il faut donc apprendre rapidement comment se servir d'une boîte mail et compagnie. Et mon temps libre est occupé à préparer tous ces cours, ou encore cuisiner avec Sœur Marie Thérésa le chocolat qu'elle a reçu dans des colis de France, et dont elle ne savait pas quoi faire ! Nous avons donc fait de la mousse au chocolat lundi, et aujourd'hui des financiers au chocolat avec de la crème que nous allons déguster demain pour la fête de Sœur Marie Jean Baptiste. Mais chut ! C'est une surprise !

Je vous embrasse

Jeanne

lundi 21 juin 2010

Amis lecteurs,

Me voici donc à Zaza, et ces derniers jours n'ont pas été de tout repos ! J'ai pris le taxi avec Sœur Thérèse Marie vendredi en début d'après-midi, comme prévu. C'était un trajet compliqué : il fallait d'abord, de Musha, prendre un taxi pour Kibungo. Puis à Kibungo, il a fallu en prendre un autre pour traverser la ville vers une troisième station de taxi, où nous avons pu monter dans un taxi pour Zaza. Mais Kibungo étant un genre de terminus, le taxi attend d'être plein avant d'en partir. Ce qui fait que nous étions montées dedans à 15h45, mais il n'est parti qu'à 16h20 environ !

Parties de Musha à 12h50, nous sommes arrivées à Zaza à 17h30... Et nous n'avons pas trop traîné à nous coucher, ce soir-là ! D'autant que la journée du lendemain s'annonçait chargée. J'ai tout de même pu faire une grasse matinée samedi, jusqu'à 6h45 ! La matinée a été calme : le mariage était à 14h.

À 14h, nous partions de la maison vers l'église de Zaza (les Rwandais et la ponctualité...), mais nous n'étions pas en retard. Il y a eu quatre mariages pendant cette messe. Les mariées rwandaises sont tristes ! Ou du moins, elles ne sourient que très peu, contrairement aux mariées françaises. Mais il y a aussi que selon la tradition, les parents de la mariée n'assistent pas au mariage. C'est-à-dire qu'ils pourraient le faire, mais ils ne doivent pas aller à la réception, qui se passe à la nouvelle maison des mariés. Ils feront une visite dans les jours qui suivront. J'imagine difficilement me marier sans que mes parents soient présents ! Enfin, à pays différent, coutume différente.

Parlons justement de la coutume. Ici, c'est très ritualisé : il y a d'abord, quelques jours avant le mariage, une première fête - chez les parents de la mariée, cette fois, à laquelle je n'ai pas assisté : la remise de la dot. La dot varie selon les régions et les pays d'Afrique, mais ici, c'est une vache. Puis a lieu le mariage à l'église, après lequel nous nous sommes tous entassés dans un taxi (il pouvait contenir théoriquement 15 personne, 19 selon le compte rwandais, mais nous étions... Au moins 30 ! Serrés comme des sardines ! Et ça chantait, ça tapait des mains, ça klaxonnait sur la piste de terre où les enfants nous suivaient en courant.

Une fois arrivés à la maison, la majorité des invités nous attendaient là (j'ai été étonnée de voir si peu de personnes à la messe. Pour quatre mariages, il y avait deux ou trois fois moins de personnes qu'à une messe de semaine...). Devant la maison du nouveau ménage étaient disposés des auvents : des bâches supportées par une charpente rudimentaire en bois, le tout décoré avec des fleurs, des guirlandes, et... du magnifique papier WC blanc et rose. Enfin, ça rendait assez bien ! On fait avec ce qu'on a ! Sous l'auvent, des rangées et des rangées de chaises, face à face, avec une allée au milieu : devant la porte de la maison. En face de cette porte, une arche de bois et de fleurs figurant la porte de la "tente" de fortune, avec un ruban que les mariés ont dû couper pour entrer.

Après les mariés, tous les invités ont pu entrer - du moins ceux qui avaient la place, les autres étaient debout à l'extérieur. Des discours, tout un rituel pour offrir aux invités la boisson (qu'il faut goûter avant), puis la nourriture, avec un geste des mariés qui croisent leurs verres puis leurs fourchettes. Au menu (à 17h) : du riz, du choux délicieusement cuit, deux bananes-légumes, une pomme de terre frite, un morceau de viande (sans doute de bœuf).

Sœur Thérèse Marie et moi avons dû partir avant les danses, la remise des cadeaux et compagnie, car nous avions pour consigne d'être rentrées avant la nuit. Et nous en avions pour quarante minutes de marche ! Nous avons donc quitté la fête à 17h30.

J'ai encore beaucoup d'autres choses à vous raconter, mais ça viendra dans une lettre suivante, avec sans doute quelques photos !

Je vous embrasse
Jeanne

jeudi 17 juin 2010

Amis lecteurs,

Je n'ai rien de nouveau à vous raconter, mais je voudrais vous montrer quelques photographies de Musha.



Le soleil levant (à 6h15, par là)



La lune qui me fait penser au Chat du Cheshire avec son sourire penché



Un champ de sorgho et une plantation de bananiers



Des papayes...


Sur ce, je vous embrasse.
Jeanne

mardi 15 juin 2010

 Amis lecteurs,

Rien de nouveau sous le soleil rwandais, si ce n'est que la pluie justement risque de ne plus revenir jusqu'à mon départ : la saison sèche aurait commencé. Mais les températures sur la colline de Musha sont loin d'être excessives grâce à l'altitude. C'est déjà beaucoup plus chaud à Kigali, sans parler de Zaza.

C'est justement à Zaza que je vais aller la semaine prochaine, profitant du mariage d'une amie de Soeur Thérèse-Marie qui aura lieu là-bas : nous partirons toutes les deux vendredi en début d'après-midi. Lors du weekend aura lieu le mariage, puis soeur Thérèse-Marie rentrera à Musha tandis que je passerai la semaine là-bas. Y faire quoi ? Intervenir dans l'école primaire, ainsi que dans l'école de Nazareth.

J'ai en effet commencé cette semaine à donner un cours de français à l'école Bethléem, profitant de l'absence de Soeur Marie Anastasia qui se charge habituellement de cette matière. L'école de Bethléem a deux classes : une qui vient les lundi et mardi, l'autre les mercredi et jeudi. J'ai donné un premier cours hier, que je donnerai à nouveau jeudi pour l'autre classe. Et entre temps, mercredi, je retourne au Bon Pasteur.

J'ai aussi continué à donner des cours de français et d'informatique aux novices... Promenade dans Musha le dimanche... Bref, rien de nouveau, comme je le disais !

Et je suis complètement guérie depuis quelques jours déjà.

Je vous embrasse
Jeanne

mercredi 9 juin 2010

Amis lecteurs,

Ayant passé plus ou moins 4 jours clouée au lit depuis dimanche, je n'ai pas grand chose à vous raconter. J'ai enchaîné bronchite, sinusite, la totale... Il paraît qu'il faut incriminer les courants d'air des taxis. De ce fait, je ne suis pas allée à Umushumba Muiza (le Bon Pasteur) aujourd'hui, mais je vais bien mieux ce soir. Je pense donc y aller demain.

Dimanche, c'était la fête du Saint Sacrement (c'est-à-dire l'hostie consacrée, qui est d'une grande importance pour les catholiques). Ici, à Musha, il n'y a "que" 40% de catholiques pratiquants (contre 90% à Zaza, par exemple), la religion qui suit en nombre était le protestantisme. Le pourcentage de musulmans est je crois de 2 ou 3% au Rwanda. Mais revenons-en à dimanche. La messe a donc duré  plus de 2 heures, comme il se doit (ici, une messe du dimanche dure de toute façon au moins 1h45), et a été suivie d'une grande procession. Les enfants qui faisaient leur première communion ce jour-là lançaient des fleurs devant le Saint Sacrement, et il y avait apparemment plus de 300 mètres de procession, durant une bonne heure et demie. Pour ma part, je n'ai pas suivi la procession - de toute façon, j'étais déjà un peu malade...

Les hommes et surtout les femmes étaient à cette occasion sur leur 31. Ici, les hommes s'habillent plus ou moins à l'occidentale : chemise, polo ou rarement T-shirt, pantalon, et parfois un petit sweat par dessus quand il fait frais. Les femmes, elles, sont absolument toutes en jupe - ou en pagne. Sauf à Kigali, bien sûr, où on voit beaucoup de femmes habillées comme chez nous, et des hommes en jeans et T-shirt. Le pagne est un rectangle de tissu d'une taille standard d'après ce que j'ai pu en juger, que les femmes enroulent autour de leur taille comme je le fais de mon paréo l'été à la plage. Il descend jusqu'aux chevilles. Elles ont souvent un autre pagne assorti dont elles se drapent le haut du corps. Mais elles peuvent aussi tailler dans ces tissus une jupe et un chemisier, dont la coupe est très particulière. Plus rarement, elles portent un haut comme on en trouve chez nous, en prêt-à-porter.

Mais là, les gens étaient tout endimanchés. Les hommes en smocking (sobres pour la plupart), ou au moins avec un beau pantalon et une chemise chic. Et les femmes portaient la tenue traditionnelle : un pagne en guise de jupe, et un autre noué au-dessus de l'épaule (un peu comme les danseuses dont la photo est dans une précédente lettre). Et les enfants tout mignons aussi, de belles robes et des costumes miniature !

Je vous embrasse (mais sans les microbes)
Jeanne

dimanche 6 juin 2010

Amis lecteurs,

Un court message depuis Musha où je suis enfin de retour au calme, après une semaine chargée d'allers et retours à Kigali, en voiture comme en "taxi" selon les jours.

La semaine s'est bien terminée, et j'ai offert à la petite Rosette que j'ai suivie en mathématiques toute la semaine un petit étuis de 12 crayons de couleur et un taille-crayon. Elle était tellement enchantée qu'elle s'est évidemment empressée de le montrer à tous les autres élèves, créant inévitablement des jalousies... Enfin, c'est la vie. L'égalité n'existe pas, et j'assume totalement d'avoir des chouchous. Après tout, je ne suis plus professeur !

Vendredi soir, j'ai dormi au Bon Pasteur, et j'ai pu voir les informations rwandaises (en kinyarwanda, puis en Français). J'ai l'impression que ça fait une éternité que je n'avais pas vu une télévision ! Mais en contrepartie, internet ne marchait plus là-bas, ce qui m'a obligée à attendre mon retour ici pour vous écrire.

Le but de cette nuit à Kigali était de partir dès le lendemain matin avec Josée et Pascale, pour "magasiner". Nous sommes d'abord allées dans un petit village artisanal (destiné aux touristes...) dans la banlieue de Kigali, ou j'ai fait beaucoup d'achats. Nous avons ensuite marché 30 minutes jusqu'au centre, où nous avons fait des achats pour Pascale : ses amis ont levé des fonds pour les enfants qu'elle suit et pour la ludothèque, et elle a acheté pour chacun des 37 enfants qu'elle a en cours particuliers une trousse, un crayon de papier, une gomme, une règle de 20 cm, un taille-crayon et deux crayons de couleur. Elle a aussi acheté un lecteur DVD pour la ludothèque.

Nous avons ensuite déjeuné en ville, en face de l'école belge. Nous avons prévenu le serveur que nous ne pouvions pas nous permettre d'attendre 1h15 pour être servies, ce qui est l'habitude ici, et nous avons pu rentrer comme prévu au Bon Pasteur pour 15h. Sœur Marie Emmanuel, qui avait une réunion à Kigali, est passée me chercher pour rentrer à Musha, au calme.

Je sens que cette semaine intense m'a un peu éprouvée, je suis patraque ce matin, et je vais profiter des quelques jours de calme pour me reposer... Avant le retour à Kigali mercredi et jeudi !

Je vous embrasse
Jeanne

mercredi 2 juin 2010

Amis lecteurs,

Je suis décidément gâtée : lundi soir, les sœurs de Musha m'ont accueillie après ma petite escapade avec un cadeau pour ma fête (le 30 mai) : un pagne africain ! Il paraît qu'on ne peut pas vivre plusieurs mois au Rwanda sans avoir un pagne. Je suis donc habillée en Rwandaise, aujourd'hui. Il faudra que je vous montre une photo de ce pagne, quand j'en aurai.

Sinon, rien de bien nouveau : cette semaine, Sœur Marie Emmanuel me dépose au Bon Pasteur tous les matins et me reprend en fin d'après-midi. Je passe les matinées à la ludothèque avec Pascale, et l'après-midi, elle a prévu que je prenne en particulier trois enfants qui ont de grosses difficultés parmi ceux qu'elle suit. J'ai Rosette de 14h à 15h tous les jours, qui est en 1° année (CP...) et qui a de grosses difficultés en mathématiques, puis j'ai eu lundi et mardi de 15h à 16h Elissa Sympathique, 2° année, pour des cours de français (mais il débute dans cette langue, puisque les enfants apprennent surtout l'anglais... D'ailleurs, tous leurs cours sont en anglais, ce qui me permet de pouvoir les aider autant que je le peux, même si ça rajoute une difficulté de plus à la compréhension). Et aujourd'hui et demain, j'aurai Cédric en mathématiques, de 15h à 16h.

Rien d'extraordinaire, donc. Mais aujourd'hui, je voulais surtout vous parler de la vie en Afrique. J'ai dit dans mon premier message qu'il n'y avait pas de décalage horaire... Techniquement, c'est vrai, il est la même heure. Cependant, cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de décalage. Il fait jour de 6h à 18h, et nuit de 18h à 6h. Et les gens vivent surtout pendant que le soleil est là (à défaut d'adapter les horaires où le soleil est là à l'heure à laquelle les gens vivent). Ce qui fait que je suis debout de 6h à 22h, au lieu de 8h à minuit... Avec en plus, autant que possible, une petite sieste après le déjeuner, car les journées sont chargées.

Les Blancs sont un objet de grande curiosité pour les Rwandais. Surtout à la campagne, mais même à la capitale où on en croise assez peu, dans l'ensemble. Ceux qui ont l'occasion de discuter avec nous ont toujours beaucoup de questions sur la vie en Europe, même si c'est aussi compliqué de raconter l'Europe à un Rwandais que le Rwanda à un Français. Mais surtout, dans la rue, on a régulièrement droit à "umuzungu ! umuzungu !" (un "umuzungu", c'est quelqu'un qui n'a pas la peau noire). Imaginez un instant, dans les rues de Paris, qu'on crie : "Noir ! Noir !"... Non, n'imaginez pas, je crois que c'est inutile. Enfin, tout ça pour dire que la curiosité et l'étonnement vis à vis de la différence ne sont pas nécessairement du racisme. Au contraire, les gens sont très ouverts, très accueillants, très chaleureux.

D'ailleurs, on m'avait dit que c'était dangereux de m'aventurer au Rwanda... Et c'est vrai que ce pays a connu des périodes très difficiles, dont les blessures ne sont pas encore complètement cicatrisées. Cependant, le peuple rwandais comme le gouvernement font de gros efforts pour aller de l'avant, et c'est finalement un des pays les plus sûrs aux alentours. Bien sûr, je n'irai pas m'aventurer dans les rues après la tombée de la nuit, mais enfin voyager seule d'une ville à l'autre n'est absolument pas un problème. Un Rwandais m'a même affirmé combien il aimait les Français, qui sont des gens très bons, très sensibles et très sympatiques - à l'exception d'une petite partie d'entre eux durant le gouvernement de Miterrand, mais enfin vraiment une minorité. Cela peut vous donner une idée de l'état d'esprit des Rwandais vis-à-vis de la France.

Sur ce, je retourne m'occuper des 2° année de maternelle : ce matin, c'est peinture à l'eau !

Je vous embrasse
Jeanne

dimanche 30 mai 2010

Amis lecteurs,

Je viens de passer comme prévu un weekend charmant, dans un lieu paradisiaque, et en bonne compagnie. Nous n'avions rien de mieux à faire que nous promener, nous baigner dans le lac, manger, dormir et papoter... Et prendre des photos.

Le tout (transport, nuit à l'hôtel, nourriture...) pour un weekend m'a coûté 13240 Frw, soit 20€ ! Et ce fut très sympathique. Mais trêve de blabla, et place aux photos :









 





Comme vous pouvez le voir, Gédéon aussi s'est bien plu à Kibuye, au bord du fameux lac Kivu qui fait la frontière entre le Rwanda et le Congo anciennement belge.

Durant toute la semaine prochaine, Soeur Marie Emmanuel me déposera au Bon Pasteur le matin un peu avant 8h, en emmenant les novices suivre leur cours à Kigali, et elle passera me chercher vers 16h30. Je vais donc passer encore toute la semaine avec Pascale, et avec les enfants de l'école !

Je vous embrasse,

Jeanne

vendredi 28 mai 2010

Amis lecteurs,

Que de choses se sont passées, depuis mon dernier message !

Je suis donc allée à Umushumba Muiza (le Bon Pasteur), à l'entrée de Kigali, mercredi matin et jeudi matin, comme prévu. Il y a là une sœur québécoise, sœur Alicia, et beaucoup de sœurs rwandaises. Elles ont une école (maternelle et primaire), plus des écoles pour les femmes défavorisées : couture, cuisine, coiffure, ainsi qu'un grand champ qu'elles cultivent, "le marais" comme elles l'appellent. Sans compter une fabrique de beurre d'arachides (délicieux !), et une fabrique de pâtes alimentaires, mais qui ne fonctionne pas en ce moment.

La communauté accueille des volontaires québécoises, qui font d'abord une formation au Canada avant de venir ici pour des périodes de 3 mois, en général (les Canadiens peuvent venir ici pour trois mois gratuitement, sans visa... la chance !). En ce moment, il y a Pascale, jeune enseignante de sciences, qui est au Rwanda pour 3 mois, et Josée, infirmière (entre autres), qui est là pour 3 ans. Elle travaille actuellement à étendre les débouchés de ce qui est produit ici, à Umushumba, et en particulier du beurre d'arachides.

Pour ma part, j'ai accompagné Pascale dans ses activités, et c'est ce que je ferai toute la semaine prochaine. Le matin, elle s'occupe de ce qu'on appelle la ludothèque. En réalité, il s'agit d'accueillir des groupes de maternelles pour leur faire faire des activités que les enseignantes ne peuvent pas gérer seules. Sport, travaux manuels, etc... Mercredi matin, elle avait deux groupes : d'abord les 1° année (3 ans), qui ont été au parc faire des jeux de balançoire et autre parcours sur des pneus et planches de bois, puis les 2° année (4 ans) qui ont fait de la pâte à modeler. Le jeudi matin, il n'y a qu'un groupe, les 3° année de maternelle qui sont assez nombreux (24, contre 12 ou 13 dans les deux autres classes), pour du sport. Ils ont fait du football de 8 à 9h, puis nous avons accompagné Soeur Alicia en ville pour l'aider à faire ses courses, comme Pascale le fait tous les jeudis. Ce qui m'a donné l'occasion de visiter encore un peu la ville.

Et l'après-midi, elle donne des cours de renforcement en français, anglais, mathématiques aux élèves de primaire. Mercredi je suis partie trop tôt pour l'accompagner, mais jeudi je suis restée à son premier cours, de 14 à 15h : français, pour des 3° et 4° année (CE2 et CM1). Avant, le Rwanda était francophone, mais depuis 2 ans on passe à l'anglophonie. Dans l'école du Bon Pasteur, les enseignants cette année donnent tous les cours en anglais, et les enfants ne commencent le français qu'en 2° année, comme une seconde langue vivante.

Pendant que j'étais en cours de français avec Pascale et 5 élèves (sur les conjugaisons des verbes du 1° et 2° groupe, au présent de l'indicatif), Josée est venue me voir à la porte, pour me proposer de les accompagner toutes les deux au lac Kivu, à Kibuye, ce weekend. Bien entendu, j'ai accepté ! C'est pourquoi je me retrouve à Kigali ce soir, avec internet illimité (puisque les sœurs du Bon Pasteur ont un forfait illimité). Je suis venue cet après-midi de Musha en "taxi" : des espèces de minibus qui sont censés contenir soit 15, soit 28 personnes, et qui en contiennent 19 à 20 pour les petits, au moins 35 pour les plus gros, et qui remplacent ce qui chez nous s'appelle bus, car, train, métro ou tramway. Ici, un taxi, ça peut aussi être une moto, une mobylette ou un vélo, qui prennent aussi des passagers. Mais avant de venir au Bon Pasteur, je suis allée à Kacyiru retirer mon passeport... Et ça y est, j'ai enfin un visa jusqu'au 31 juillet ! Toujours est-il que c'était une drôle d'aventure pour moi de prendre le taxi toute seule. Heureusement, je l'avais déjà fait avec Sœur Marie Anastasia, lundi, pour les démarches du visa.

Et me voilà ici ce soir, à Kigali, avec ma connexion illimité, facebook, msn, tous mes amis et ma famille avec qui je peux discuter... Je m'en suis très bien passée pendant deux semaines, mais il n'empêche que ça fait plaisir ! J'ai même répondu à tous les commentaires de ce blog ! Vous me direz, ce n'est pas très courtois pour mes hôtes. Mais mes hôtesses sont toutes parties à une soirée donnée par un père québécois qui rentre au pays. J'étais obligée de venir dès cet après-midi, parce que demain, comme tous les derniers samedis du mois, c'est l'Umuganda : de grands travaux communs que chaque Rwandais fait dans sa ville, son village, pour que les pistes soient praticables, les bords des routes propres, etc. Donc, pas de taxi le samedi de l'Umuganda, pas d'école non plus d'ailleurs, rien d'autre que ces travaux collectifs pour l'embellissement du pays. D'un côté ça m'arrange, j'en ai profité pour retirer mon visa (ce que je n'aurais pas pu faire demain).

Un beau weekend en perspective, donc, et peut-être quelques photos du lac à mon retour !

Baisers de Kigali

Jeanne

mardi 25 mai 2010


Amis lecteurs,

Si je ne réponds pas à vos commentaires, ce n'est pas parce que je ne les lis pas, au contraire. Mais j'ai déjà beaucoup dit combien c'était compliqué et long ici d'accéder à internet, d'afficher les pages les unes après les autres... Et ce n'est pas moi qui paye la connexion (qui n'est pas illimitée).

Cependant, on m'a demandé ce que je faisais, concrètement. Je vais répondre ici même. Les sœurs de l'Enfant Jésus ont deux écoles de coupe / couture au Rwanda : à Zaza (l'école est appelée Nazareth), depuis déjà plusieurs années, et à Musha (école Bethléem) depuis 3 mois. Ces écoles sont destinées à de jeunes femmes qui n'ont pas eu les moyens de payer leur scolarité, et donc d'apprendre un métier pour gagner leur vie. De ce fait, leurs niveaux sont très inégaux, et une grande partie ne parlent ni l'anglais, ni le français. Il serait donc difficile pour moi de leur donner des cours, puisque de mon côté je ne parle pas le kinyarwanda. Mais il n'est pas exclu que je leur donne un jour des cours de français (du moins à l'école de Musha).

Cela ne m'empêche pas d'apporter l'aide que je peux à cette école, par exemple en m'occupant de leur faire des bulletins de note grâce à mes humbles connaissances en bureautique (Dieu que c'est long à faire quand ce n'est pas automatisé !). Je leur apporte aussi en quelque sorte une aide indirecte, en donnant des cours de base d'informatique aux trois novices, ce qui leur permettra par la suite de faire elles-mêmes les tâches dont elles auront besoin. Je donne aussi des cours de renforcement en français à l'une des novices, sœur Thérèse Marie.

Mais mes activités ne se résument pas à Musha et à son école, loin de là ! Comme je vous le disais, lundi et mardi dernier je suis allée à Zaza, où j'ai visité les environs lors d'une longue et agréable promenade. Rien que de voyager d'une ville à une autre prend tout de suite des heures, vu la qualité des routes... Je devrais dire, pistes, pour certaines. Mercredi, les sœurs avaient une répétition de chants à Kibungo pour un congrès qui aura lieu au mois d'octobre, je les ai accompagnées. Vendredi, je suis allée avec Sœur Marie Emmanuel à Kigali (la capitale), où j'ai commencé des démarches pour mon renouvellement de visa. Dimanche, j'ai assisté à une vraie fête africaine, avec une messe de deux heures, suivie de chants et danses magnifiques. Les sœurs Oblates du Saint Esprit (amies des sœurs chez qui je vis) fêtaient le jubilé (les 50 ans) de la béatification de leur fondatrice, Helena Guerra.



Voici le superbe paysage que j'ai pu contempler là-bas


Et un aperçu des danses (et du monde !) que j'ai pu voir


Lundi, je suis retournée à Kigali pour mon visa. Enfin, j'avais toutes les pièces nécessaires : je devrais pouvoir le retirer demain ou après-demain, car je serai tout près de Kigali. Et aujourd'hui, je suis allée à Rwamagana, pour accompagner Sœur Marie Anastasia qui s'occupe du renouvellement de son passeport : elle va retourner en France peu après moi. J'ai vu un marché avec toutes sortes de pagnes et autres châles africains... Difficile de se décider : que rapporterai-je en France ?

Et demain et après-demain, je vais aller chez les sœurs du Bon Pasteur, à l'entrée de Kigali : elles accueillent des volontaires (québécoises pour la plupart, puisque c'est une fondation québécoise - ou du moins canadienne, mais francophone) pour s'occuper d'une ludothèque qui accueille des enfants africains. Je ne sais pas encore ce que ça va donner, je vous raconterai plus en détails ! J'irai là dès que les novices auront des cours à Kigali (dans le cadre de leur noviciat) : elles me déposeront en allant à Kigali, et me reprendront en repartant !

J'ai hâte d'emmener Gédéon voir cette ludothèque.

Je vous embrasse

Jeanne

vendredi 21 mai 2010


Amis lecteurs,

Mon séjour à la communauté de Zaza s'est très bien passé. J'ai été aussi bien accueillie qu'ici, à Musha, avec une petite fête et des cadeaux. Les soeurs de Zaza sont moins nombreuses, et toutes rwandaises. Il y a la mère supérieure, Soeur Marie Thérésa, ainsi que deux professes, Soeur Marie Bernadette et soeur Marie Jean Baptiste, qui s'occupe de l'école de couture de Zaza. Zaza, d'ailleurs, c'est une ville un peu surréaliste : il n'y a aucun commerce, mais que des écoles ! (écoles primaire, secondaire, écoles "de métiers", école normale pour former des professeurs, école religieuse : le "petit séminaire"...) Ce qui fait des centaines, et même des milliers de jeunes de tous âges qu'on rencontre aux heures d'entrée et de sortie des classes. Et comme tout ce monde-là vit dans la campagne avoisinante, qui est en fait très densément peuplée d'après ce que j'ai pu voir, cela donne des enfants partout qui sortent on ne sait d'où dans les collines et les bois...

 
Aujourd'hui, je suis allée à la capitale Kigali pour renouveler mon passeport, car le passeport d'entrée n'est valable que 15 jours. Il me faut un nouveau passeport de 3 mois, et j'ai assez peu de temps pour le faire... Mais que les administrations sont compliquées ! Pour cela, le Rwanda est comme la France (et tous les pays du monde, je pense) : ce n'est pas le bon formulaire, il faut encore un papier... Bref. J'y retournerai.

Sur ce, je vous livre les photos promises. D'abord Musha :

Ceci est l'escalier qui monte depuis la maison de la communauté vers la lingerie. J'habite par derrière, dans le bâtiment de l'école de couture.


C'est donc ici que j'habite, un studio avec entrée et salle de bain (ma chambre : la fenêtre de gauche, celle de droite était un genre de salle des professeurs pour l'école - sans communication avec ma "maison")
La maison des soeurs, vue depuis la lingerie

Puis Zaza :





Un aperçu de la maison depuis deux côtés différents


L'école de couture de Zaza


Et enfin, les cadeaux que j'ai reçus, à Musha et à Zaza


Pfiou, trois quarts d'heure pour ce message ! Je vous embrasse

Jeanne