vendredi 28 mai 2010

Amis lecteurs,

Que de choses se sont passées, depuis mon dernier message !

Je suis donc allée à Umushumba Muiza (le Bon Pasteur), à l'entrée de Kigali, mercredi matin et jeudi matin, comme prévu. Il y a là une sœur québécoise, sœur Alicia, et beaucoup de sœurs rwandaises. Elles ont une école (maternelle et primaire), plus des écoles pour les femmes défavorisées : couture, cuisine, coiffure, ainsi qu'un grand champ qu'elles cultivent, "le marais" comme elles l'appellent. Sans compter une fabrique de beurre d'arachides (délicieux !), et une fabrique de pâtes alimentaires, mais qui ne fonctionne pas en ce moment.

La communauté accueille des volontaires québécoises, qui font d'abord une formation au Canada avant de venir ici pour des périodes de 3 mois, en général (les Canadiens peuvent venir ici pour trois mois gratuitement, sans visa... la chance !). En ce moment, il y a Pascale, jeune enseignante de sciences, qui est au Rwanda pour 3 mois, et Josée, infirmière (entre autres), qui est là pour 3 ans. Elle travaille actuellement à étendre les débouchés de ce qui est produit ici, à Umushumba, et en particulier du beurre d'arachides.

Pour ma part, j'ai accompagné Pascale dans ses activités, et c'est ce que je ferai toute la semaine prochaine. Le matin, elle s'occupe de ce qu'on appelle la ludothèque. En réalité, il s'agit d'accueillir des groupes de maternelles pour leur faire faire des activités que les enseignantes ne peuvent pas gérer seules. Sport, travaux manuels, etc... Mercredi matin, elle avait deux groupes : d'abord les 1° année (3 ans), qui ont été au parc faire des jeux de balançoire et autre parcours sur des pneus et planches de bois, puis les 2° année (4 ans) qui ont fait de la pâte à modeler. Le jeudi matin, il n'y a qu'un groupe, les 3° année de maternelle qui sont assez nombreux (24, contre 12 ou 13 dans les deux autres classes), pour du sport. Ils ont fait du football de 8 à 9h, puis nous avons accompagné Soeur Alicia en ville pour l'aider à faire ses courses, comme Pascale le fait tous les jeudis. Ce qui m'a donné l'occasion de visiter encore un peu la ville.

Et l'après-midi, elle donne des cours de renforcement en français, anglais, mathématiques aux élèves de primaire. Mercredi je suis partie trop tôt pour l'accompagner, mais jeudi je suis restée à son premier cours, de 14 à 15h : français, pour des 3° et 4° année (CE2 et CM1). Avant, le Rwanda était francophone, mais depuis 2 ans on passe à l'anglophonie. Dans l'école du Bon Pasteur, les enseignants cette année donnent tous les cours en anglais, et les enfants ne commencent le français qu'en 2° année, comme une seconde langue vivante.

Pendant que j'étais en cours de français avec Pascale et 5 élèves (sur les conjugaisons des verbes du 1° et 2° groupe, au présent de l'indicatif), Josée est venue me voir à la porte, pour me proposer de les accompagner toutes les deux au lac Kivu, à Kibuye, ce weekend. Bien entendu, j'ai accepté ! C'est pourquoi je me retrouve à Kigali ce soir, avec internet illimité (puisque les sœurs du Bon Pasteur ont un forfait illimité). Je suis venue cet après-midi de Musha en "taxi" : des espèces de minibus qui sont censés contenir soit 15, soit 28 personnes, et qui en contiennent 19 à 20 pour les petits, au moins 35 pour les plus gros, et qui remplacent ce qui chez nous s'appelle bus, car, train, métro ou tramway. Ici, un taxi, ça peut aussi être une moto, une mobylette ou un vélo, qui prennent aussi des passagers. Mais avant de venir au Bon Pasteur, je suis allée à Kacyiru retirer mon passeport... Et ça y est, j'ai enfin un visa jusqu'au 31 juillet ! Toujours est-il que c'était une drôle d'aventure pour moi de prendre le taxi toute seule. Heureusement, je l'avais déjà fait avec Sœur Marie Anastasia, lundi, pour les démarches du visa.

Et me voilà ici ce soir, à Kigali, avec ma connexion illimité, facebook, msn, tous mes amis et ma famille avec qui je peux discuter... Je m'en suis très bien passée pendant deux semaines, mais il n'empêche que ça fait plaisir ! J'ai même répondu à tous les commentaires de ce blog ! Vous me direz, ce n'est pas très courtois pour mes hôtes. Mais mes hôtesses sont toutes parties à une soirée donnée par un père québécois qui rentre au pays. J'étais obligée de venir dès cet après-midi, parce que demain, comme tous les derniers samedis du mois, c'est l'Umuganda : de grands travaux communs que chaque Rwandais fait dans sa ville, son village, pour que les pistes soient praticables, les bords des routes propres, etc. Donc, pas de taxi le samedi de l'Umuganda, pas d'école non plus d'ailleurs, rien d'autre que ces travaux collectifs pour l'embellissement du pays. D'un côté ça m'arrange, j'en ai profité pour retirer mon visa (ce que je n'aurais pas pu faire demain).

Un beau weekend en perspective, donc, et peut-être quelques photos du lac à mon retour !

Baisers de Kigali

Jeanne

mardi 25 mai 2010


Amis lecteurs,

Si je ne réponds pas à vos commentaires, ce n'est pas parce que je ne les lis pas, au contraire. Mais j'ai déjà beaucoup dit combien c'était compliqué et long ici d'accéder à internet, d'afficher les pages les unes après les autres... Et ce n'est pas moi qui paye la connexion (qui n'est pas illimitée).

Cependant, on m'a demandé ce que je faisais, concrètement. Je vais répondre ici même. Les sœurs de l'Enfant Jésus ont deux écoles de coupe / couture au Rwanda : à Zaza (l'école est appelée Nazareth), depuis déjà plusieurs années, et à Musha (école Bethléem) depuis 3 mois. Ces écoles sont destinées à de jeunes femmes qui n'ont pas eu les moyens de payer leur scolarité, et donc d'apprendre un métier pour gagner leur vie. De ce fait, leurs niveaux sont très inégaux, et une grande partie ne parlent ni l'anglais, ni le français. Il serait donc difficile pour moi de leur donner des cours, puisque de mon côté je ne parle pas le kinyarwanda. Mais il n'est pas exclu que je leur donne un jour des cours de français (du moins à l'école de Musha).

Cela ne m'empêche pas d'apporter l'aide que je peux à cette école, par exemple en m'occupant de leur faire des bulletins de note grâce à mes humbles connaissances en bureautique (Dieu que c'est long à faire quand ce n'est pas automatisé !). Je leur apporte aussi en quelque sorte une aide indirecte, en donnant des cours de base d'informatique aux trois novices, ce qui leur permettra par la suite de faire elles-mêmes les tâches dont elles auront besoin. Je donne aussi des cours de renforcement en français à l'une des novices, sœur Thérèse Marie.

Mais mes activités ne se résument pas à Musha et à son école, loin de là ! Comme je vous le disais, lundi et mardi dernier je suis allée à Zaza, où j'ai visité les environs lors d'une longue et agréable promenade. Rien que de voyager d'une ville à une autre prend tout de suite des heures, vu la qualité des routes... Je devrais dire, pistes, pour certaines. Mercredi, les sœurs avaient une répétition de chants à Kibungo pour un congrès qui aura lieu au mois d'octobre, je les ai accompagnées. Vendredi, je suis allée avec Sœur Marie Emmanuel à Kigali (la capitale), où j'ai commencé des démarches pour mon renouvellement de visa. Dimanche, j'ai assisté à une vraie fête africaine, avec une messe de deux heures, suivie de chants et danses magnifiques. Les sœurs Oblates du Saint Esprit (amies des sœurs chez qui je vis) fêtaient le jubilé (les 50 ans) de la béatification de leur fondatrice, Helena Guerra.



Voici le superbe paysage que j'ai pu contempler là-bas


Et un aperçu des danses (et du monde !) que j'ai pu voir


Lundi, je suis retournée à Kigali pour mon visa. Enfin, j'avais toutes les pièces nécessaires : je devrais pouvoir le retirer demain ou après-demain, car je serai tout près de Kigali. Et aujourd'hui, je suis allée à Rwamagana, pour accompagner Sœur Marie Anastasia qui s'occupe du renouvellement de son passeport : elle va retourner en France peu après moi. J'ai vu un marché avec toutes sortes de pagnes et autres châles africains... Difficile de se décider : que rapporterai-je en France ?

Et demain et après-demain, je vais aller chez les sœurs du Bon Pasteur, à l'entrée de Kigali : elles accueillent des volontaires (québécoises pour la plupart, puisque c'est une fondation québécoise - ou du moins canadienne, mais francophone) pour s'occuper d'une ludothèque qui accueille des enfants africains. Je ne sais pas encore ce que ça va donner, je vous raconterai plus en détails ! J'irai là dès que les novices auront des cours à Kigali (dans le cadre de leur noviciat) : elles me déposeront en allant à Kigali, et me reprendront en repartant !

J'ai hâte d'emmener Gédéon voir cette ludothèque.

Je vous embrasse

Jeanne