mercredi 2 juin 2010

Amis lecteurs,

Je suis décidément gâtée : lundi soir, les sœurs de Musha m'ont accueillie après ma petite escapade avec un cadeau pour ma fête (le 30 mai) : un pagne africain ! Il paraît qu'on ne peut pas vivre plusieurs mois au Rwanda sans avoir un pagne. Je suis donc habillée en Rwandaise, aujourd'hui. Il faudra que je vous montre une photo de ce pagne, quand j'en aurai.

Sinon, rien de bien nouveau : cette semaine, Sœur Marie Emmanuel me dépose au Bon Pasteur tous les matins et me reprend en fin d'après-midi. Je passe les matinées à la ludothèque avec Pascale, et l'après-midi, elle a prévu que je prenne en particulier trois enfants qui ont de grosses difficultés parmi ceux qu'elle suit. J'ai Rosette de 14h à 15h tous les jours, qui est en 1° année (CP...) et qui a de grosses difficultés en mathématiques, puis j'ai eu lundi et mardi de 15h à 16h Elissa Sympathique, 2° année, pour des cours de français (mais il débute dans cette langue, puisque les enfants apprennent surtout l'anglais... D'ailleurs, tous leurs cours sont en anglais, ce qui me permet de pouvoir les aider autant que je le peux, même si ça rajoute une difficulté de plus à la compréhension). Et aujourd'hui et demain, j'aurai Cédric en mathématiques, de 15h à 16h.

Rien d'extraordinaire, donc. Mais aujourd'hui, je voulais surtout vous parler de la vie en Afrique. J'ai dit dans mon premier message qu'il n'y avait pas de décalage horaire... Techniquement, c'est vrai, il est la même heure. Cependant, cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de décalage. Il fait jour de 6h à 18h, et nuit de 18h à 6h. Et les gens vivent surtout pendant que le soleil est là (à défaut d'adapter les horaires où le soleil est là à l'heure à laquelle les gens vivent). Ce qui fait que je suis debout de 6h à 22h, au lieu de 8h à minuit... Avec en plus, autant que possible, une petite sieste après le déjeuner, car les journées sont chargées.

Les Blancs sont un objet de grande curiosité pour les Rwandais. Surtout à la campagne, mais même à la capitale où on en croise assez peu, dans l'ensemble. Ceux qui ont l'occasion de discuter avec nous ont toujours beaucoup de questions sur la vie en Europe, même si c'est aussi compliqué de raconter l'Europe à un Rwandais que le Rwanda à un Français. Mais surtout, dans la rue, on a régulièrement droit à "umuzungu ! umuzungu !" (un "umuzungu", c'est quelqu'un qui n'a pas la peau noire). Imaginez un instant, dans les rues de Paris, qu'on crie : "Noir ! Noir !"... Non, n'imaginez pas, je crois que c'est inutile. Enfin, tout ça pour dire que la curiosité et l'étonnement vis à vis de la différence ne sont pas nécessairement du racisme. Au contraire, les gens sont très ouverts, très accueillants, très chaleureux.

D'ailleurs, on m'avait dit que c'était dangereux de m'aventurer au Rwanda... Et c'est vrai que ce pays a connu des périodes très difficiles, dont les blessures ne sont pas encore complètement cicatrisées. Cependant, le peuple rwandais comme le gouvernement font de gros efforts pour aller de l'avant, et c'est finalement un des pays les plus sûrs aux alentours. Bien sûr, je n'irai pas m'aventurer dans les rues après la tombée de la nuit, mais enfin voyager seule d'une ville à l'autre n'est absolument pas un problème. Un Rwandais m'a même affirmé combien il aimait les Français, qui sont des gens très bons, très sensibles et très sympatiques - à l'exception d'une petite partie d'entre eux durant le gouvernement de Miterrand, mais enfin vraiment une minorité. Cela peut vous donner une idée de l'état d'esprit des Rwandais vis-à-vis de la France.

Sur ce, je retourne m'occuper des 2° année de maternelle : ce matin, c'est peinture à l'eau !

Je vous embrasse
Jeanne

dimanche 30 mai 2010

Amis lecteurs,

Je viens de passer comme prévu un weekend charmant, dans un lieu paradisiaque, et en bonne compagnie. Nous n'avions rien de mieux à faire que nous promener, nous baigner dans le lac, manger, dormir et papoter... Et prendre des photos.

Le tout (transport, nuit à l'hôtel, nourriture...) pour un weekend m'a coûté 13240 Frw, soit 20€ ! Et ce fut très sympathique. Mais trêve de blabla, et place aux photos :









 





Comme vous pouvez le voir, Gédéon aussi s'est bien plu à Kibuye, au bord du fameux lac Kivu qui fait la frontière entre le Rwanda et le Congo anciennement belge.

Durant toute la semaine prochaine, Soeur Marie Emmanuel me déposera au Bon Pasteur le matin un peu avant 8h, en emmenant les novices suivre leur cours à Kigali, et elle passera me chercher vers 16h30. Je vais donc passer encore toute la semaine avec Pascale, et avec les enfants de l'école !

Je vous embrasse,

Jeanne