Avant de vous raconter comment se passe ma semaine à Zaza, quelques photos de ce weekend :
Les quatre couples dans l'église
Le "taxi" qui nous a emmenés
J'ai même eu droit à ma photo avec les mariés !
La réception, avec le ruban à couper
Le repas du mariage
Et le weekend s'est continué avec une visite chez la maman de Sœur Thérèse Marie, le dimanche. Nous avons été reçues comme des reines, les sœurs et moi : on nous a servi des arachides grillées, des bananes légumes et de biscuits, ainsi que de la boisson. Il y avait du lait caillé, et bien sûr des "fanta". Nous avons été reçues dans une maison en torchis aux murs blanchis à la chaux, et au toit de tôle, comme cela se fait beaucoup ici. La maison avait l'air de comporter trois pièces, et nous avons sans doute été reçues dans la plus grande : deux mètres sur trois environ, avec une porte et une fenêtre ouvertes sur l'extérieur pour avoir de la lumière.
Sur le sol en terre battu étaient étendues des nattes, et on a apporté une table d'une maison voisine pour ajouter à la table qu'il y avait déjà. Les soeurs et moi avons pu nous asseoir sur deux petits bancs, et les autres convives (famille, amis, je ne sais pas trop) se sont assis au sol (sur les nattes). Le tout dans une ambiance très conviviales et très chaleureuse. Mais aussi très pieuse : prière pour rendre grâce d'être ensemble, prière pour remercier d'avoir de quoi manger, prière pour demander à être bientôt réunis à nouveau (il faut dire que c'est rare qu'une novice puisse sortir de la communauté pour visiter sa famille), prière avant de se quitter...
La maison de Sœur Thérèse Marie étant proche de celle d'Agathe, nous avons fait pas mal de marche dans le weekend. Les gens étaient tout étonnés, convaincus qu'ils sont que les "abazungu" (pluriel d'umuzungu) ne savent pas marcher. Et après toutes ces réjouissances, lundi ont commencé les choses sérieuses !
En effet, je suis allée à l'école primaire de Zaza B lundi matin avec Sœur Marie Thérésa (la mère supérieure de la communauté de Zaza, si vous suivez ; pas Sœur Thérèse Marie la novice, qui était déjà repartie pour Musha). On y attendait ma venue. Après quelques discussions et malentendus, il a été convenu que je donnerais des cours d'anglais aux 4°, 5° et 6° année primaire (ici, on compte à l'endroit, et pas à l'envers comme en France : la 6° année primaire est l'année la plus élevée, après laquelle il y a un examen qui peut permettre d'entrer en secondaire si on en a les moyens - financiers, intellectuels, culturels...). Ils ont donc mis en place un emploi du temps, après m'avoir demandé mes disponibilités. Ils m'auraient bien employée toute la journée et toute la semaine s'ils avaient pu, et même plusieurs semaines ! Mais il a fallu mettre des limites.
C'est ainsi que de mardi à vendredi, je donne des cours d'anglais à 2 classes de 6° année, 3 classes de 5° année et 2 classes de 4° année, selon un emploi du temps très chargé : par tranches de 40 minutes, de 8h à 11h40, avec une pause de 20 minutes à 9h20. Et il est très agréable de voir comment les Rwandais savent profiter à fond des opportunités qui leurs sont offertes ! Sur ce plan là, ils sont bien supérieurs aux Français, qui auraient mis un temps fou à organiser une chose pareille plusieurs semaines à l'avance... Sans compter que les professeurs auraient laissé leur classe à regrets entre les mains d'une inconnue ! La confiance qu'on m'accorde est grande, et les réserves de comptines en anglais que j'ai pu récolter pendant mes stages dans des classes françaises me sont très utiles.
Et ce n'est pas tout : l'après-midi, je donne quelques cours d'anglais à l'école de couture Nazareth, ainsi que des cours de français à la postulante Chantal, et des cours d'informatique à Sœur Marie Thérésa : internet est arrivé à la communauté il y a à peine un mois, il faut donc apprendre rapidement comment se servir d'une boîte mail et compagnie. Et mon temps libre est occupé à préparer tous ces cours, ou encore cuisiner avec Sœur Marie Thérésa le chocolat qu'elle a reçu dans des colis de France, et dont elle ne savait pas quoi faire ! Nous avons donc fait de la mousse au chocolat lundi, et aujourd'hui des financiers au chocolat avec de la crème que nous allons déguster demain pour la fête de Sœur Marie Jean Baptiste. Mais chut ! C'est une surprise !
Je vous embrasse
Jeanne