mercredi 23 juin 2010

Amis lecteurs,

Avant de vous raconter comment se passe ma semaine à Zaza, quelques photos de ce weekend :


Les quatre couples dans l'église



Le "taxi" qui nous a emmenés



J'ai même eu droit à ma photo avec les mariés !



La réception, avec le ruban à couper



Le repas du mariage


Et le weekend s'est continué avec une visite chez la maman de Sœur Thérèse Marie, le dimanche. Nous avons été reçues comme des reines, les sœurs et moi : on nous a servi des arachides grillées, des bananes légumes et de biscuits, ainsi que de la boisson. Il y avait du lait caillé, et bien sûr des "fanta". Nous avons été reçues dans une maison en torchis aux murs blanchis à la chaux, et au toit de tôle, comme cela se fait beaucoup ici. La maison avait l'air de comporter trois pièces, et nous avons sans doute été reçues dans la plus grande : deux mètres sur trois environ, avec une porte et une fenêtre ouvertes sur l'extérieur pour avoir de la lumière.

Sur le sol en terre battu étaient étendues des nattes, et on a apporté une table d'une maison voisine pour ajouter à la table qu'il y avait déjà. Les soeurs et moi avons pu nous asseoir sur deux petits bancs, et les autres convives (famille, amis, je ne sais pas trop) se sont assis au sol (sur les nattes). Le tout dans une ambiance très conviviales et très chaleureuse. Mais aussi très pieuse : prière pour rendre grâce d'être ensemble, prière pour remercier d'avoir de quoi manger, prière pour demander à être bientôt réunis à nouveau (il faut dire que c'est rare qu'une novice puisse sortir de la communauté pour visiter sa famille), prière avant de se quitter...

La maison de Sœur Thérèse Marie étant proche de celle d'Agathe, nous avons fait pas mal de marche dans le weekend. Les gens étaient tout étonnés, convaincus qu'ils sont que les "abazungu" (pluriel d'umuzungu) ne savent pas marcher. Et après toutes ces réjouissances, lundi ont commencé les choses sérieuses !

En effet, je suis allée à l'école primaire de Zaza B lundi matin avec Sœur Marie Thérésa (la mère supérieure de la communauté de Zaza, si vous suivez ; pas Sœur Thérèse Marie la novice, qui était déjà repartie pour Musha). On y attendait ma venue. Après quelques discussions et malentendus, il a été convenu que je donnerais des cours d'anglais aux 4°, 5° et 6° année primaire (ici, on compte à l'endroit, et pas à l'envers comme en France : la 6° année primaire est l'année la plus élevée, après laquelle il y a un examen qui peut permettre d'entrer en secondaire si on en a les moyens - financiers, intellectuels, culturels...). Ils ont donc mis en place un emploi du temps, après m'avoir demandé mes disponibilités. Ils m'auraient bien employée toute la journée et toute la semaine s'ils avaient pu, et même plusieurs semaines ! Mais il a fallu mettre des limites.

C'est ainsi que de mardi à vendredi, je donne des cours d'anglais à 2 classes de 6° année, 3 classes de 5° année et 2 classes de 4° année, selon un emploi du temps très chargé : par tranches de 40 minutes, de 8h à 11h40, avec une pause de 20 minutes à 9h20. Et il est très agréable de voir comment les Rwandais savent profiter à fond des opportunités qui leurs sont offertes ! Sur ce plan là, ils sont bien supérieurs aux Français, qui auraient mis un temps fou à organiser une chose pareille plusieurs semaines à l'avance... Sans compter que les professeurs auraient laissé leur classe à regrets entre les mains d'une inconnue ! La confiance qu'on m'accorde est grande, et les réserves de comptines en anglais que j'ai pu récolter pendant mes stages dans des classes françaises me sont très utiles.

Et ce n'est pas tout : l'après-midi, je donne quelques cours d'anglais à l'école de couture Nazareth, ainsi que des cours de français à la postulante Chantal, et des cours d'informatique à Sœur Marie Thérésa : internet est arrivé à la communauté il y a à peine un mois, il faut donc apprendre rapidement comment se servir d'une boîte mail et compagnie. Et mon temps libre est occupé à préparer tous ces cours, ou encore cuisiner avec Sœur Marie Thérésa le chocolat qu'elle a reçu dans des colis de France, et dont elle ne savait pas quoi faire ! Nous avons donc fait de la mousse au chocolat lundi, et aujourd'hui des financiers au chocolat avec de la crème que nous allons déguster demain pour la fête de Sœur Marie Jean Baptiste. Mais chut ! C'est une surprise !

Je vous embrasse

Jeanne

lundi 21 juin 2010

Amis lecteurs,

Me voici donc à Zaza, et ces derniers jours n'ont pas été de tout repos ! J'ai pris le taxi avec Sœur Thérèse Marie vendredi en début d'après-midi, comme prévu. C'était un trajet compliqué : il fallait d'abord, de Musha, prendre un taxi pour Kibungo. Puis à Kibungo, il a fallu en prendre un autre pour traverser la ville vers une troisième station de taxi, où nous avons pu monter dans un taxi pour Zaza. Mais Kibungo étant un genre de terminus, le taxi attend d'être plein avant d'en partir. Ce qui fait que nous étions montées dedans à 15h45, mais il n'est parti qu'à 16h20 environ !

Parties de Musha à 12h50, nous sommes arrivées à Zaza à 17h30... Et nous n'avons pas trop traîné à nous coucher, ce soir-là ! D'autant que la journée du lendemain s'annonçait chargée. J'ai tout de même pu faire une grasse matinée samedi, jusqu'à 6h45 ! La matinée a été calme : le mariage était à 14h.

À 14h, nous partions de la maison vers l'église de Zaza (les Rwandais et la ponctualité...), mais nous n'étions pas en retard. Il y a eu quatre mariages pendant cette messe. Les mariées rwandaises sont tristes ! Ou du moins, elles ne sourient que très peu, contrairement aux mariées françaises. Mais il y a aussi que selon la tradition, les parents de la mariée n'assistent pas au mariage. C'est-à-dire qu'ils pourraient le faire, mais ils ne doivent pas aller à la réception, qui se passe à la nouvelle maison des mariés. Ils feront une visite dans les jours qui suivront. J'imagine difficilement me marier sans que mes parents soient présents ! Enfin, à pays différent, coutume différente.

Parlons justement de la coutume. Ici, c'est très ritualisé : il y a d'abord, quelques jours avant le mariage, une première fête - chez les parents de la mariée, cette fois, à laquelle je n'ai pas assisté : la remise de la dot. La dot varie selon les régions et les pays d'Afrique, mais ici, c'est une vache. Puis a lieu le mariage à l'église, après lequel nous nous sommes tous entassés dans un taxi (il pouvait contenir théoriquement 15 personne, 19 selon le compte rwandais, mais nous étions... Au moins 30 ! Serrés comme des sardines ! Et ça chantait, ça tapait des mains, ça klaxonnait sur la piste de terre où les enfants nous suivaient en courant.

Une fois arrivés à la maison, la majorité des invités nous attendaient là (j'ai été étonnée de voir si peu de personnes à la messe. Pour quatre mariages, il y avait deux ou trois fois moins de personnes qu'à une messe de semaine...). Devant la maison du nouveau ménage étaient disposés des auvents : des bâches supportées par une charpente rudimentaire en bois, le tout décoré avec des fleurs, des guirlandes, et... du magnifique papier WC blanc et rose. Enfin, ça rendait assez bien ! On fait avec ce qu'on a ! Sous l'auvent, des rangées et des rangées de chaises, face à face, avec une allée au milieu : devant la porte de la maison. En face de cette porte, une arche de bois et de fleurs figurant la porte de la "tente" de fortune, avec un ruban que les mariés ont dû couper pour entrer.

Après les mariés, tous les invités ont pu entrer - du moins ceux qui avaient la place, les autres étaient debout à l'extérieur. Des discours, tout un rituel pour offrir aux invités la boisson (qu'il faut goûter avant), puis la nourriture, avec un geste des mariés qui croisent leurs verres puis leurs fourchettes. Au menu (à 17h) : du riz, du choux délicieusement cuit, deux bananes-légumes, une pomme de terre frite, un morceau de viande (sans doute de bœuf).

Sœur Thérèse Marie et moi avons dû partir avant les danses, la remise des cadeaux et compagnie, car nous avions pour consigne d'être rentrées avant la nuit. Et nous en avions pour quarante minutes de marche ! Nous avons donc quitté la fête à 17h30.

J'ai encore beaucoup d'autres choses à vous raconter, mais ça viendra dans une lettre suivante, avec sans doute quelques photos !

Je vous embrasse
Jeanne