lundi 21 juin 2010

Amis lecteurs,

Me voici donc à Zaza, et ces derniers jours n'ont pas été de tout repos ! J'ai pris le taxi avec Sœur Thérèse Marie vendredi en début d'après-midi, comme prévu. C'était un trajet compliqué : il fallait d'abord, de Musha, prendre un taxi pour Kibungo. Puis à Kibungo, il a fallu en prendre un autre pour traverser la ville vers une troisième station de taxi, où nous avons pu monter dans un taxi pour Zaza. Mais Kibungo étant un genre de terminus, le taxi attend d'être plein avant d'en partir. Ce qui fait que nous étions montées dedans à 15h45, mais il n'est parti qu'à 16h20 environ !

Parties de Musha à 12h50, nous sommes arrivées à Zaza à 17h30... Et nous n'avons pas trop traîné à nous coucher, ce soir-là ! D'autant que la journée du lendemain s'annonçait chargée. J'ai tout de même pu faire une grasse matinée samedi, jusqu'à 6h45 ! La matinée a été calme : le mariage était à 14h.

À 14h, nous partions de la maison vers l'église de Zaza (les Rwandais et la ponctualité...), mais nous n'étions pas en retard. Il y a eu quatre mariages pendant cette messe. Les mariées rwandaises sont tristes ! Ou du moins, elles ne sourient que très peu, contrairement aux mariées françaises. Mais il y a aussi que selon la tradition, les parents de la mariée n'assistent pas au mariage. C'est-à-dire qu'ils pourraient le faire, mais ils ne doivent pas aller à la réception, qui se passe à la nouvelle maison des mariés. Ils feront une visite dans les jours qui suivront. J'imagine difficilement me marier sans que mes parents soient présents ! Enfin, à pays différent, coutume différente.

Parlons justement de la coutume. Ici, c'est très ritualisé : il y a d'abord, quelques jours avant le mariage, une première fête - chez les parents de la mariée, cette fois, à laquelle je n'ai pas assisté : la remise de la dot. La dot varie selon les régions et les pays d'Afrique, mais ici, c'est une vache. Puis a lieu le mariage à l'église, après lequel nous nous sommes tous entassés dans un taxi (il pouvait contenir théoriquement 15 personne, 19 selon le compte rwandais, mais nous étions... Au moins 30 ! Serrés comme des sardines ! Et ça chantait, ça tapait des mains, ça klaxonnait sur la piste de terre où les enfants nous suivaient en courant.

Une fois arrivés à la maison, la majorité des invités nous attendaient là (j'ai été étonnée de voir si peu de personnes à la messe. Pour quatre mariages, il y avait deux ou trois fois moins de personnes qu'à une messe de semaine...). Devant la maison du nouveau ménage étaient disposés des auvents : des bâches supportées par une charpente rudimentaire en bois, le tout décoré avec des fleurs, des guirlandes, et... du magnifique papier WC blanc et rose. Enfin, ça rendait assez bien ! On fait avec ce qu'on a ! Sous l'auvent, des rangées et des rangées de chaises, face à face, avec une allée au milieu : devant la porte de la maison. En face de cette porte, une arche de bois et de fleurs figurant la porte de la "tente" de fortune, avec un ruban que les mariés ont dû couper pour entrer.

Après les mariés, tous les invités ont pu entrer - du moins ceux qui avaient la place, les autres étaient debout à l'extérieur. Des discours, tout un rituel pour offrir aux invités la boisson (qu'il faut goûter avant), puis la nourriture, avec un geste des mariés qui croisent leurs verres puis leurs fourchettes. Au menu (à 17h) : du riz, du choux délicieusement cuit, deux bananes-légumes, une pomme de terre frite, un morceau de viande (sans doute de bœuf).

Sœur Thérèse Marie et moi avons dû partir avant les danses, la remise des cadeaux et compagnie, car nous avions pour consigne d'être rentrées avant la nuit. Et nous en avions pour quarante minutes de marche ! Nous avons donc quitté la fête à 17h30.

J'ai encore beaucoup d'autres choses à vous raconter, mais ça viendra dans une lettre suivante, avec sans doute quelques photos !

Je vous embrasse
Jeanne

4 commentaires:

  1. Et bonne fête de la musique à tous ! Je perds beaucoup la notion du temps et des saisons, mais je me suis brusquement rappelée que c'était aujourd'hui l'été. Bon été, donc !

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  2. Justement, ça commence à répéter, depuis une heure, on entend les batteurs qui s'exercent devant la Préfecture au fur et à mesure du montage.

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  3. Si tu es à Zaza, tu ne sauras pas si le paquet est arrivé à Musha, as-tu des nouvelles ?

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